bras

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bras

bras [ bra ] n. m.
‚ÄĘ braz 1080; lat. pop. ¬įbracium, class. bracchium, gr. brakhi√īn
1 ♦ Anat. Segment du membre supérieur compris entre l'épaule et le coude (opposé à avant-bras). Du bras. ⇒ brachial. Os du bras. ⇒ humérus. Mouvement du bras : abduction, adduction, élévation, rotation. Muscles du bras. ⇒ biceps, triceps.
‚ôĘ Cour. (impr. en anat.) Le membre sup√©rieur, de l'√©paule √† la main. ¬ę ses bras, de l'aisselle pleine et muscl√©e jusqu'au poignet rond ¬Ľ (Colette). Avoir un bras cass√©, en √©charpe. √ätre amput√© d'un bras, manchot. ¬ę couch√© les bras √©tendus en croix ¬Ľ (Loti). ¬ę debout les bras ballants ¬Ľ (Martin du Gard). ‚ÄĒ Lever, baisser, plier, √©tendre le, les bras, croiser les bras. Porter sur, entre, dans ses bras. Tenir, brandir √† bout de bras, en d√©ployant un grand effort, sans aide. Tenir, serrer qqn entre, dans ses bras. ‚áí embrasser (1o). Se jeter dans les bras de qqn, contre la poitrine de qqn. Tomber dans les bras l'un de l'autre. √ätre dans les bras de qqn : √™tre enlac√©. ¬ę Il avait jadis dormi dans ses bras, v√©cu dans son amour ¬Ľ (Maupassant). ‚ÄĒ Donner, offrir le bras √† qqn, pour s'y appuyer en marchant. √ätre au bras de qqn. ¬ę Elle prenait mon bras, et nous marchions sous les arbres ¬Ľ (Fromentin). Marcher bras dessus, bras dessous, en se donnant le bras. Lever les bras au ciel : prendre le ciel √† t√©moin. ‚ÄĒ BRAS DE FER : jeu opposant deux adversaires qui ont un coude pos√© sur la table, leurs avant-bras l'un contre l'autre, et essayent de faire plier le bras du partenaire; fig. √©preuve de force. ‚ÄĒ (1954) BRAS D'HONNEUR : geste injurieux (simulacre d'√©rection). Faire un bras d'honneur √† qqn.
‚ôĘ Par m√©ton. En bras de chemise.
‚ôĘ Loc. fig. Gros comme le bras (se dit ironiquement pour accompagner une appellation flatteuse). ¬ę √áa lui coupait les moyens, d'√™tre ‚Äúmonsieur Sorel‚ÄĚ gros comme le bras ¬Ľ (Mallet-Joris). Il se fait donner du ¬ę monsieur le directeur ¬Ľ gros comme le bras. Jouer les gros bras : jouer les durs. ‚ÄĒ (du tennis) Fam. Jouer petit bras : se lancer dans une entreprise sans ambition, sans conviction. ‚ÄĒ Couper bras et jambes √† qqn, lui enlever ses moyens d'action, le paralyser d'√©tonnement, le d√©courager. Les bras m'en tombent : je suis stup√©fait. Baisser les bras : renoncer √† poursuivre (une action). ‚ÄĒ Se croiser les bras, rester les bras crois√©s : attendre sans rien faire. Avoir le bras long, du cr√©dit, de l'influence. Tendre, ouvrir les bras √† qqn, lui porter secours, lui pardonner. ‚ÄĒ Tendre les bras vers qqn, implorer son aide. Se jeter, se r√©fugier dans les bras de : se mettre sous la protection de. Se jeter dans les bras de qqn : faire les avances, se donner h√Ętivement. ‚ÄĒ Recevoir qqn √† bras ouverts, l'accueillir avec effusion, empressement. ‚ÄĒ √ätre dans les bras de Morph√©e : dormir. S'endormir dans les bras du Seigneur : mourir. ‚áí sein. ‚ÄĒ Avoir qqn ou qqch. sur les bras, en √™tre charg√©, embarrass√©. Cela me reste sur les bras, je dois m'en occuper.
2 ‚ô¶ Symbole de la force guerri√®re, du pouvoir. ¬ę Ton bras est invaincu, mais non pas invincible ¬Ľ (P. Corneille). Le bras de Dieu. Le bras s√©culier : la puissance temporelle, oppos√©e √† celle de l'√Čglise. Avoir un bras de fer, une grande autorit√©, une volont√© inflexible. Le bras de la justice. ‚áí autorit√©.
3 ‚ô¶ Personne qui agit, travaille, combat. ‚áí travailleur. L'agriculture r√©clame des bras, manque de bras. ¬ę Les humoristes comparent l'agriculture √† la V√©nus de Milo qui manque de bras ¬Ľ (Bainville).
‚ôĘ Le bras droit de qqn, son principal agent d'ex√©cution. ‚ÄĒ (√ätre) le bras arm√© (de qqn, qqch.),l'ex√©cutant.
4 ‚ô¶ Loc. adv. √Ä BRAS : √† l'aide des seuls bras (sans machine). Il a fallu transporter tout cela √† bras. ‚ÄĒ Loc. adj. Moulin, charrette √† bras. ‚ÄĒ √Ä tour de bras. ‚ÄĒ Se jeter sur qqn √† bras raccourcis, le frapper violemment. ‚ÄĒ √Ä bras-le-corps. ‚áí bras-le-corps (√†).
5 ♦ Dans le membre antérieur du cheval, Partie qui fait suite à l'épaule et qui a pour base l'humérus.
‚ôĘ Tentacule des mollusques c√©phalopodes. Les bras d'une pieuvre.
6 ‚ô¶ Par anal. (de forme, de destination) Mar. ManŇďuvre servant √† orienter un espar (vergue, tangon).
‚ôĘ Bras d'une ancre. ‚ÄĒ Techn. Brancard; pi√®ce allong√©e. Les bras d'une chaise √† porteurs, d'une brouette. ‚ÄĒ Accoudoir (d'un si√®ge). Les bras d'un fauteuil; bras de fauteuil. ‚ÄĒ Partie mobile (d'une grue, d'un s√©maphore). Bras d'une manivelle. Bras de lecture d'un √©lectrophone : longue tige mobile qui porte la t√™te de lecture. ‚ÄĒ M√©can. BRAS DE LEVIER : distance d'une force √† son point d'appui, √©valu√©e perpendiculairement √† la direction de cette force.
7 ‚ô¶ G√©ogr. Division d'un cours d'eau que partagent des √ģles. Bras principal, bras secondaires. Bras mort, o√Ļ l'eau ne circule plus. ‚ÄĒ Bras de mer : d√©troit, passage.

‚óŹ bras nom masculin (latin brachium) Partie du membre sup√©rieur de l'homme comprise entre l'√©paule et le coude, par opposition √† l'avant-bras. Ce membre sup√©rieur tout entier : Se casser le bras. Tendre les bras. Personne qui travaille, agit, combat : L'agriculture manque de bras. Litt√©raire. Aide, force, protection : Pr√™ter son bras √† une cause. Litt√©raire. Symbole de la force agissante ou ex√©cutrice : Le bras de la Justice. √Člectroacoustique Sur un tourne-disque, pi√®ce allong√©e portant la t√™te de lecture √† l'une de ses extr√©mit√©s et pivotant, ou coulissant, √† l'autre, de fa√ßon √† permettre √† la pointe de lecture de se d√©placer √† la surface du disque en suivant le sillon. Hydrologie Subdivision lat√©rale d'un cours d'eau s√©par√©e des autres par des √ģles. Manutention et stockage Partie horizontale mobile d'une grue. Marine ManŇďuvre courante servant √† orienter une vergue. M√©canique Dans une machine, √©l√©ment fixe ou mobile (coulissant, articul√©, t√©lescopique, etc.) supportant un organe √©loign√© du b√Ęti. Mobilier et d√©coration Partie d'un si√®ge o√Ļ l'on repose le bras. Technique Synonyme de brancard. Zoologie Nom donn√© aux rayons des √©toiles de mer et des ophiures, aux tentacules des poulpes, au segment hum√©ral de la patte de devant des vert√©br√©s t√©trapodes. ‚óŹ bras (citations) nom masculin (latin brachium) Bernard Le Bovier de Fontenelle Rouen 1657-Paris 1757 Il y a tel homme dont tous les d√©sirs se termineraient √† avoir deux bras. Du bonheur √Čsope VIIe-VIe s. avant J.-C. Quand on a besoin des bras, les secours en paroles ne servent de rien. Fables, 1161, la Vip√®re et l'Hydre ‚óŹ bras (difficult√©s) nom masculin (latin brachium) Orthographe 1. Avec des traits d'union : √† bras-le-corps ; un fier-√†-bras. 2. Sans trait d'union : √† tour de bras ; √† bras raccourcis ; √† bras ouverts ; bras dessus, bras dessous ; bras crois√©s ; un bras de fer ; un gros bras. Emploi En bras de chemise, en manches de chemise. Les deux expressions sont admises. Construction Les tournures du type elle a le bras cass√©, il m'a cass√© le bras, excluent l'emploi de l'adjectif possessif (on ne dit pas : elle s'est cass√© son bras, il m'a cass√© mon bras). ‚óŹ bras (expressions) nom masculin (latin brachium) √Ä bras, se dit d'une voiture, d'une presse, etc., qu'on fait mouvoir par la force des bras. √Ä bras ouverts, tr√®s cordialement, avec chaleur. √Ä la force des bras, sans autre secours que les bras. √Ä tour de bras, de toutes ses forces, sans m√©nagement ; √† profusion. Avoir le bras long, avoir beaucoup d'influence. Avoir les bras rompus, √™tre harass√© de travail. Avoir quelque chose, quelqu'un sur les bras, avoir √† s'acquitter d'une besogne p√©nible ; avoir quelqu'un √† sa charge et en ressentir de la g√™ne, √™tre importun√© par quelqu'un dont on ne peut se d√©faire. Baisser les bras, renoncer, ne plus lutter, c√©der. Litt√©raire. Bras d'airain, de fer, symbole de la force corporelle ou de l'√©nergie, de la volont√©, de l'autorit√©. Bras dessus, bras dessous, se dit de la position de deux personnes dont l'une a le bras pass√© sous celui de l'autre ; se dit de deux personnes qui agissent en plein accord. Bras de fer, jeu dans lequel deux personnes, accoud√©es face √† face √† une table et les mains empoign√©es, essaient de rabattre sur la table le bras de l'autre ; lutte opini√Ętre ; √©preuve de force. Bras d'honneur, geste de d√©rision effectu√© en levant un avant-bras vers l'√©paule et en tapant du poing au creux de ce bras pli√© (figurant le membre viril en √©rection). Couper les bras, couper bras et jambes √† quelqu'un, le mettre dans l'impossibilit√© d'agir, le frapper de d√©couragement. Donner, offrir son bras √† quelqu'un, lui pr√©senter son bras pour qu'il puisse s'y appuyer en marchant. √ätre, tomber dans les bras de Morph√©e, dormir, s'endormir. Familier. Gros bras, homme fort, en particulier homme de main ou garde du corps ; gorille. Familier. Gros comme le bras, se dit d'un mensonge, d'une erreur ou d'un compliment, d'une flatterie √©normes. Familier. Jouer petit bras, m√©nager ses efforts ; agir sans conviction. Le bras droit de quelqu'un, son principal collaborateur. Les bras m'en tombent, je suis stup√©fait ; je suis rompu de fatigue. Se jeter, tomber dans les bras de quelqu'un, l'embrasser avec effusion ; s'offrir, se livrer √† lui. Tendre, ouvrir les bras √† quelqu'un, l'accueillir avec empressement, avec chaleur ; le secourir ; lui offrir son pardon. Tendre les bras √† quelqu'un, √™tre disponible pour quelqu'un. Tomber √† bras raccourci(s) sur quelqu'un, se jeter sur lui avec violence ; le critiquer violemment. Tomber sur les bras de quelqu'un, en parlant d'une affaire difficile, l'accaparer √† l'improviste. Bras de transept, chacune des deux parties d'un transept de part et d'autre de la crois√©e. Bras de lumi√®re, synonyme ancien de applique. Port de bras, mouvement des deux bras, ex√©cut√© au cours d'un pas sans d√©placement ou d'un pas simple ; au pluriel, ensemble des mouvements de bras qui s'ex√©cutent au milieu. Positions des bras, celles qui accompagnent les cinq positions fondamentales des pieds. Bras s√©culier, pouvoir du juge s√©culier ou la√Įque dont l'action r√©pressive compl√©tait celle des tribunaux eccl√©siastiques, qui ne pouvaient infliger un ch√Ętiment corporel allant jusqu'√† l'effusion du sang. Bras de mer, espace maritime allong√© et √©troit. Bras mort, bras abandonn√©, ancien bras qu'un cours d'eau ne peut plus emprunter, et qui est devenu un lac ou une zone mar√©cageuse. Bras de manutention, √©quipement permettant, gr√Ęce √† un syst√®me automatique d'√©quilibrage, l'√©volution en toutes directions d'une charge ou d'un outil, sans effort pour l'op√©rateur. Bras de levier, distance d'une force au point d'appui de la pi√®ce sur laquelle elle s'exerce, compt√©e perpendiculairement √† la direction de cette force. Bras de chargement, raccord articul√© pour remplir les v√©hicules et navires-citernes. Bras de vigne, branche qui part du cep et sur laquelle naissent les sarments. ‚óŹ bras (synonymes) nom masculin (latin brachium) Mobilier et d√©coration. Partie d'un si√®ge o√Ļ l'on repose le bras.
Synonymes :
Architecture. Bras de transept
Synonymes :
Viticulture. Bras de vigne
Synonymes :
- mère branche
Arts décoratifs. Bras de lumière
Synonymes :
Synonymes :
- Technique. brancard

bras
n. m.
d1./d Membre supérieur de l'homme, rattaché à l'épaule, terminé par la main. Lever, plier les bras.
‚ÄĒ Sp√©cial. Partie du membre sup√©rieur comprise entre l'√©paule et le coude (par oppos. √† l' avant-bras, entre le coude et le poignet).
‚ÄĒ Donner le bras √† une femme, l'accompagner en lui tenant le bras.
‚ÄĒ Fig. Les bras m'en tombent: j'en suis stup√©fait.
‚ÄĒ Fig. Couper bras et jambes √† qqn, le mettre dans l'impuissance d'agir, le d√©courager.
‚ÄĒ Rester les bras crois√©s, √† ne rien faire.
‚ÄĒ Recevoir √† bras ouverts, chaleureusement, avec amiti√©.
‚ÄĒ Avoir sur les bras: √™tre responsable de, ou accabl√© par. Avoir beaucoup d'affaires sur les bras.
‚ÄĒ √™tre dans les bras de Morph√©e: dormir.
|| Bras de fer: jeu opposant deux adversaires se tenant la main, bras replié et coude sur une table, dans le but de faire fléchir le bras de l'autre par la force du poignet. Syn. (Québec) tir au poignet.
‚ÄĒ Fig. √©preuve de force.
d2./d Par méton. Homme qui agit, qui travaille. Manquer de bras, de travailleurs. être le bras droit de qqn, son principal collaborateur.
d3./d Pouvoir, autorité. Le bras séculier.
‚ÄĒ Fam. Avoir le bras long: avoir du cr√©dit, du pouvoir.
‚ÄĒ (Djibouti) Bras cass√©: fonctionnaire rel√©gu√© √† un poste non op√©rationnel.
d4./d Par anal. Ce qui présente une certaine ressemblance avec les bras humains. Les bras d'un fauteuil: les accoudoirs. Les bras d'une croix, d'un sémaphore.
|| (Québec) Bras d'escalier: Syn. de rampe (sens 2).
|| ASTRO Développement extérieur d'une galaxie spirale, prenant naissance dans son noyau.
|| MAR Manoeuvre courante fixée à l'extrémité d'une vergue ou d'un tangon et servant à l'orienter.
|| AUDIOV Bras de lecture: pièce d'une platine de tourne-disque qui porte la tête de lecture.
|| MECA Bras de levier: distance du support d'une force à l'axe de rotation.
|| TECH Tige ou poutre articulée.
d5./d GEOGR Affluent ou subdivision du cours d'une rivière.
‚ÄĒ Bras de mer: √©tendue de mer entre deux terres rapproch√©es.
d6./d Loc. à bras: en utilisant la force des muscles de l'homme. Pompe à bras, qui se manie avec le bras.
‚ÄĒ √† tour de bras, √† bras raccourcis: de toute sa force. Tomber sur qqn √† bras raccourcis.
‚ÄĒ Bras dessus, bras dessous: en se donnant le bras.

‚áíBRAS, subst. masc.
I.‚ÄĒ [Le bras, membre du corps humain]
A.‚ÄĒ En g√©n., au sing. ou au plur.
1. Chacun des deux membres supérieurs de l'homme, allant de l'épaule, sur laquelle ils s'articulent, à la main. Bras droit, gauche :
‚ÄĘ 1. De son bras droit, long √©tendu, on ne voyait que l'extr√©mit√© des doigts hors du b√Ęti grossier de la manche; et le bras gauche dans le rang, les talons sur la m√™me ligne, ...
COURTELINE, Messieurs-les-Ronds-de-cuir, 1893, 5e tabl., 3, p. 186.
‚ÄĘ 2. En manche de chemise, ses forts bras nus dor√©s d'un rude duvet jaune, il avait par instant, un tressaillement de muscles sous la peau, la crispation nerveuse de ses lourdes mains poilues et charnues sur la barre.
VAN DER MEERSCH, L'Empreinte du dieu, 1936, p. 119.
♦ P. métaph. :
‚ÄĘ 3. ... mollement couch√©e sous la caresse des flots et des brises, la ville √©tend ses bras sur l'oc√©an et semble appeler l'univers entier dans sa couche parfum√©e et fi√©vreuse, ...
BARR√ąS, Sous l'Ňďil des Barbares, 1888, p. 128.
SYNT. 1. Subst. + adj. a) Subst. + adj. √©pith√®te. Des bras fermes, durs, mous; des bras pleins, ronds, gr√™les, maigres, d√©charn√©s; des bras minces, larges; des bras frais; des bras vigoureux, puissants, faibles; des bras souples, agiles, raides; de longs, de grands, de petits bras; de beaux, de jolis bras; d'un bras nerveux. b) Subst. + adj. attribut de l'objet. Avoir des bras forts, robustes; avoir les bras engourdis; avoir les bras crois√©s (sur la poitrine), en l'air, en arri√®re; avoir les bras coll√©s au corps, √©cart√©s; avoir le bras √©tendu, lev√©; avoir le bras bless√©, cass√©, fractur√©. 2. Subst. + subst. L'os, les muscles, le pli du bras; la force des bras; un geste des bras; l'amputation des bras. 3. Verbe + subst. √Člever, abaisser, soulever, ouvrir, (re)fermer, balancer, agiter, secouer les bras; tendre, √©tendre le bras (en avant). Allonger, remuer le bras. √Čcarter les bras (du corps); rejeter les bras en arri√®re (√† toute vol√©e); replier son bras; avancer son bras libre; d√©ployer ses bras; laisser aller, pendre ses bras; laisser (re)tomber ses bras (en arri√®re); se croiser les bras (sur la poitrine); s'aider des bras; s'accouder du bras droit; poser la t√™te dans son bras repli√©. ‚ÄĒ Subst. + verbe. Bras qui s'abaissent, (re)tombent, pendent le long du corps.
‚ÄĒ Loc.
♦ Avoir le bras en écharpe.
‚ÄĒ P. m√©ton., fam. (√ätre) en bras de chemise. (√ätre) en manches de chemise, sans veste. Se mettre en bras de chemise¬†: (avoir) les bras retrouss√©s (jusqu'aux coudes). (Avoir) les manches retrouss√©es (jusqu'aux coudes)¬†:
‚ÄĘ 4. ... je continue mon Ňďuvre lente comme le bon ouvrier qui, les bras retrouss√©s et les cheveux en sueur, tape sur son enclume sans s'inqui√©ter s'il pleut ou s'il vente, ...
FLAUBERT, Correspondance, t. 1, 1845, p. 191.
‚ÄĘ 5. ... il faisait expr√®s de s'amener en bras de chemise et en chaussons parce qu'il savait que Trarieux d√©testait le laisser-aller.
S. DE BEAUVOIR, Les Mandarins, 1954, p. 458.
♦ Fig. [P. réf. à la décontraction, au laisser-aller que peut révéler cette tenue] :
‚ÄĘ 6. Aussi longtemps qu'on vit la tour de Saint-Martin, chacun des beaux messieurs garda l'air compass√©. Mais sit√īt qu'on fut hors des yeux de la cit√©, tous les fronts s'√©claircirent, et les esprits se mirent comme moi, en bras de chemise.
R. ROLLAND, Colas Breugnon, 1919, p. 143.
Rem. Ces 2 loc. sont admises par l'Ac.
‚ÄĒ ANAT. [P. oppos. √† avant-bras] Partie du membre sup√©rieur de l'homme qui s'√©tend de l'√©paule au coude.
‚ô¶ Au fig. Gros comme le bras.
a) Donner à qqn du (titre) gros comme le bras. Donner à quelqu'un, avec l'exagération et l'emphase de la flatterie, un titre qu'il a réellement ou qu'il n'a pas. Traiter qqn de (titre) gros comme le bras, appeler qqn (titre) gros comme le bras :
‚ÄĘ 7. Elle [mademoiselle Laguerre] n'avait alors [en 1790] que cinquante-trois ans; et, selon sa femme de chambre, devenue la femme d'un gendarme, une madame Soudry √† qui l'on dit madame la mairesse gros comme le bras, ¬ę Madame √©tait plus belle que jamais¬†¬Ľ.
BALZAC, Les Paysans, 1844, p. 14.
b) Mensonge gros comme le bras. Mensonge que le manque de subtilité, que la grossièreté devrait rendre évident :
‚ÄĘ 8. J'avais une clef de l'appartement ... et j'en profitais pour rentrer √† telle heure que je voulais de la nuit, moyennant des mensonges gros comme le bras, ...
VERLAINE, Confessions, 1895, p. 108.
2. Au plur. [Loc. exprimant un mouvement des bras en tant qu'il est expressif d'une émotion, d'un sentiment, d'un état physique ou moral] Lever les bras au ciel; les bras m'en tombent; les bras ballants.
‚ÄĒ (Faire de) grands bras. (Faire de) grands gestes¬†:
‚ÄĘ 9. Et je le [un g√©rant] voyais faire des grands bras d'assentiment. Alors on est venu enlever l'addition.
TOULET, Mon amie Nane, 1905, p. 177.
‚ÄĒ Faire les beaux bras, les grands bras. Prendre de grands airs, des airs importants¬†:
‚ÄĘ 10. Ton arriv√©e pouvait tout conclure si tu avais voulu me comprendre... Mais non, mademoiselle se pique et fait les beaux bras!
E. AUGIER, La Contagion, 1866, V, p. 437.
‚ÄĒ [Dans un cont. relig.] Lever les bras au ciel. Invoquer le ciel ou lui rendre des actions de gr√Ęce en levant rituellement les bras.
‚ô¶ P. ext. Lever les bras (au ciel).
a) [Pour signifier un appel à l'aide]. P. métaph. :
‚ÄĘ 11. Tout ce que l'homme croit, dans l'ab√ģme, est √©pars.
...
On voit les bras levés de l'espoir qui se noie.
HUGO, Religions et religion, 1880, p. 187.
b) [Dans un cont. de conflit armé] Lever les bras. Faire acte de soumission à un adversaire victorieux, se rendre :
‚ÄĘ 12. Je levai les bras, et, comme si ce geste de reddition d√©clarait ici la guerre, je fus bombard√©e aussit√īt de noix de coco, de bananes, de noisettes...
GIRAUDOUX, Suzanne et le Pacifique, 1921, p. 102.
Rem. ,,Les bras lev√©s des personnes qui se rendent, prisonniers de guerre ou criminels arr√™t√©s, sont √©videmment une mesure de pr√©caution impos√©e par le vainqueur, pour que l'adversaire ne se serve pas d'armes cach√©es sur lui. Mais ils signifient en profondeur un acte de soumission, un appel √† la justice ou √† la cl√©mence¬†: le vaincu s'en remet √† la volont√© du vainqueur. Il renonce √† se d√©fendre lui-m√™me. C'est le geste m√™me de la reddition, de l'abandon. Celui qui le fait devient passif, livr√© au gr√© de son ma√ģtre`` (Symboles 1969).
c) [Pour exprimer une r√©action d'√©tonnement, de protestation, un sentiment d'impuissance, de douleur, etc., le ciel √©tant comme pris √† t√©moin] Les professeurs l√®vent les bras au ciel et disent¬†:¬ę Qu'est-ce qu'on nous demande! Nous sommes de trop petites choses!¬†¬Ľ (BARR√ąS, Mes cahiers, t. 9, 1911, p. 42)¬†:
‚ÄĘ 13. ‚ÄĒ Voici mes comptes. Il en r√©sulte que je suis aux trois quarts ruin√©... Ne t'√©crie pas! Ne l√®ve pas les bras!... C'est un fait...
R. BAZIN, Le Blé qui lève, 1907, p. 149.
‚ÄĒ [Marquant la stup√©faction, la lassitude, la fatigue, le d√©sespoir, etc.] Laisser tomber, pendre ses bras; les bras m'en tombent; (rester) (les) bras ballants, tombants, pendants¬†:
‚ÄĘ 14. Il resta saisi, les bras ballants, les yeux ronds, la bouche ouverte.
MAUPASSANT, Contes et nouvelles, t. 1, La Martine, 1883, p. 113.
‚ÄĘ 15. Le gros homme ne se retourna m√™me pas. √Čpaules basses, nuque ploy√©e, bras tombants, il offrait au jour bl√™me ray√© de pluie son visage triste dans une esp√®ce d'abandon total.
BERNANOS, Monsieur Ouine, 1943, p. 1401.
‚ÄĒ [Marquant la d√©tente, le repos] Les bras ballants¬†:
‚ÄĘ 16. Rien √† faire! J'allumai une cigarette et je m'allongeai tout √† fait, les bras ballants, les jambes abandonn√©es, ...
G. DUHAMEL, Confession de minuit, 1920, p. 119.
‚ÄĒ [Marquant l'attente, la satisfaction de soi, etc.] Se croiser les bras; les bras crois√©s¬†:
‚ÄĘ 17. ... le charrieur de pierres du roi cruel re√ßoit √† son tour le droit √† l'orgueil. On le voit se croiser les bras devant l'√©trave dont le navire de granit commence de menacer les sables (...). Sa majest√© est pour lui, comme pour les autres, ...
SAINT-EXUP√ČRY, Citadelle, 1944, p. 928.
Rem. V., par ailleurs, infra I B 1 b en particulier.
‚ÄĒ [Loc. sous forme n√©gative] Ne savoir que faire de ses bras. Avoir des gestes gauches, une attitude emprunt√©e¬†:
‚ÄĘ 18. ... l'air plus que commun, l'air valet de chambre. Il avait de grands bras dont il ne savait que faire; ...
STENDHAL, Lucien Leuwen, t. 2, 1836, p. 292.
‚ÄĒ CHOR√ČGR. [Ici s'ajoutent des consid√©rations esth√©tiques] Position de bras, port de bras. ,,Passage des bras d'une position √† une autre`` (A. MEUNIER, La Danse class., 1931, p. 219)¬†:
‚ÄĘ 19. La technique des ports de bras est rest√©e √† peu pr√®s ignor√©e en France et l'enseignement officiel ne nous offre encore que cinq positions de bras pour accompagner et agr√©menter les multiples jeux de jambes.
M. BOURGAT, Techn. de la danse, 1959, p. 70.
‚ÄĒ Loc. fig.
♦ Baisser les bras. Renoncer à poursuivre une action qui se révèle trop difficile, cesser d'agir. Cf. laisser tomber qqc. (fig., fam.).
Rem. Attesté dans DUB.
♦ [Manifestant l'inquiétude, le désespoir] Se tordre les bras (cf. se tordre les mains [de désespoir]) :
‚ÄĘ 20. Elle se tordait les bras.
‚ÄĒ ¬ę Mon Dieu, qu'est-ce donc qui l'a chang√©?¬†¬Ľ
‚ÄĒ ¬ę Pas d'autres que toi-m√™me!¬†¬Ľ
‚ÄĒ ¬ę Et tout cela pour Mme Arnoux!...¬†¬Ľ s'√©cria Rosanette en pleurant.
FLAUBERT, L'√Čducation sentimentale, t. 2, 1869, p. 267.
B.‚ÄĒ [Le(s) bras en tant qu'instrument(s) indispensable(s), ou symbole, de l'action g√©n. √©nergique]¬†:
‚ÄĘ 21. ... le probl√®me
De sa vie, il ne l'a résolu que si peu
Qu'il n'est pas s√Ľr de quoi que ce soit devant Dieu.
...
... Sa parole
H√©site, et l'action semble √īt√©e √† son bras.
VERLAINE, Ňíuvres posthumes, t. 1, Le Livre posthume, 1896, p. 146.
1. [Le(s) bras en tant qu'il(s) ex√©cute(nt) une t√Ęche, en tant qu'instrument(s) de l'action, souvent en oppos. anton. ‚ÄĒ explicite ou implicite ‚ÄĒ avec la t√™te en tant que si√®ge de la pens√©e]¬†:
‚ÄĘ 22. Elle reprit ses sens dans la soir√©e; mais, du c√īt√© droit, le bras et la jambe n'ob√©issaient plus.
R. MARTIN DU GARD, Les Thibault, Le Pénitencier, 1922, p. 767.
a) Au sing. :
‚ÄĘ 23. ... le contrat garantit le trait√© entre le domestique et le ma√ģtre, entre le chef et l'ouvrier, (...) entre la t√™te et le bras, entre la pens√©e et l'ex√©cution.
GOZLAN, Le Notaire de Chantilly, 1836, p. 34.
‚ÄĒ Se servir du bras de qqn. Lui faire ex√©cuter un acte dont on a con√ßu le projet. Avoir besoin du bras de qqn; pr√™ter son bras √† qqn¬†:
‚ÄĘ 24. Pour mettre √† ex√©cution le moyen donn√© par ce brave jeune homme, Th√©odore, j'ai besoin de ton bras, tiens-toi pr√™t, mon fils.
BALZAC, Les Petits bourgeois, 1850, p. 98.
‚ÄĘ 25. Roubaud √©tait un l√Ęche, qui, √† deux reprises, n'osant tuer lui-m√™me, s'√©tait servi du bras de Cabuche, cette b√™te violente.
ZOLA, La Bête humaine, 1890, p. 268.
‚ÄĒ P. m√©ton., p. m√©taph. √ätre la t√™te/√™tre le bras. N'√™tre que le bras; servir de bras √† une t√™te¬†:
‚ÄĘ 26. Vinet r√©digeait le Courrier √† lui seul, il √©tait la t√™te du parti; le colonel, g√©rant responsable du journal √©tait le bras; Rogron √©tait le nerf avec son argent...
BALZAC, Pierrette, 1840, p. 94.
‚ÄĒ [Les loc. ou expr. suiv. privil√©gient le bras droit et jouent sur son caract√®re indispensable pour signifier l'importance que l'on attache √† qqn ou √† qqc.]
♦ P. méton., au fig. Être le bras droit de qqn. Être le principal et indispensable adjoint de qqn, en particulier au niveau de l'exécution.
♦ [Expr. à valeur négative]. P. hyperb. Se couper volontiers un bras, le bras droit pour ...; qu'on me coupe le bras si ... :
‚ÄĘ 27. Les Bijoux indiscrets, un mauvais roman fort grossier, dont il dira plus tard ¬ę qu'il [Diderot] se couperait volontiers un bras pour ne pas l'avoir √©crit¬†¬Ľ.
BARR√ąS, Mes cahiers, t. 10, 1913, p. 220.
Se couper un bras. Sacrifier quelque chose d'important :
‚ÄĘ 28. ... il aper√ßoit de loin le mauvais proc√®s, qui n'est que l'admirable administration; il se m√©fie de cette raison lente; il transige; il sacrifie quelque chose, il se coupe un bras, comme on dit.
ALAIN, Propos, 1928, p. 801.
b) Au plur.
‚ÄĒ Fam. Avoir cent bras. D√©ployer une grande activit√© (attest√© dans ROB.). Ne pas avoir quatre (ou cent) bras. Ne pas pouvoir, √† soi seul, accomplir ce qu'accompliraient deux (ou cinquante) hommes (attest√© dans Lar. Lang. fr.).
‚ÄĒ [Dans certaines loc. hyperboliques]
‚ô¶ Lier les bras √† qqn. Lui √īter absolument toute possibilit√©, tout moyen d'action (cf. lier les mains √† qqn). Arr√™ter, retenir le bras de qqn. Le convaincre de ne pas aller jusqu'au bout d'une action ou l'emp√™cher d'y parvenir. P. m√©taph.¬†:
‚ÄĘ 29. On dirait que la nature ne sait pas ce qu'elle veut, ou plut√īt ne fait pas ce qu'elle veut, que quelqu'un lui retient le bras pour l'emp√™cher de trop bien faire.
MAETERLINCK, La Vie des fourmis, 1930, p. 240.
‚ô¶ Couper, casser bras et jambes √† qqn. Priver quelqu'un, au physique ou au moral, de la capacit√©, du moyen d'agir; lui √īter toute son √©nergie. (En) avoir les bras coup√©s; casser les bras √† qqn; (les) bras et (les) jambes cass√©s; ne plus avoir ni jambes ni bras. Ne plus avoir la force de faire un mouvement. Un accablement tombait sur lui. Ce retour au pays lui coupait bras et jambes (DRIEU LA ROCHELLE, R√™veuse bourgeoisie, 1939, p. 248)¬†:
‚ÄĘ 30. L'ennemi avec lequel j'ai √† lutter en ce moment (...) est une fatigue que je comparerais √† une eau ti√®de, (...) pourvue (...) de tous les attributs du plus infaillible narcotique, qui me coulerait tout le long du corps. Je n'ai ni jambes, ni t√™te, ni bras, ...
DU BOS, Journal, 1928, p. 140.
‚ÄĘ 31. Le soleil. La course. La soif. Une soif jamais connue, une soif de d√©sert, une soif dont on meurt, la premi√®re soif de toute une vie, qui coupe bras et jambes, paralyse la langue...
E. TRIOLET, Le Premier accroc co√Ľte deux cents francs, 1945, p. 407.
Rem. La loc. couper bras et jambes √† qqn et ses var., qui mettent simultan√©ment en jeu, dans des proportions diff√©rentes, la notion g√©n√©rale d'action et les notions plus partic. d'ex√©cution d'une t√Ęche et d'√©nergie, pourraient √©galement √™tre pr√©sent√©es infra sous 2.
♦ Rester les bras ballants. Rester impuissant, sans moyen d'action (supra ex. 14 et 16). P. métaph. :
‚ÄĘ 32. ... l'honneur n'existe plus ... Vous l'avez avantageusement remplac√© par la l√©galit√©. Il y a bien encore ... la dette de jeu; mais que la loi la reconnaisse, et l'honneur restera les bras ballants devant le Code...
E. AUGIER, Les Effrontés, 1861, p. 286.
‚ÄĒ En partic. [Les bras en tant qu'instruments du travail physique] Le travail de nos bras prend toutes nos heures, monsieur; la t√™te reste en arri√®re (PESQUIDOUX, Le Livre de raison, 1932, p. 55)¬†:
‚ÄĘ 33. La force, et le droit avec elle, sont aux bras, au travail, aux masses¬†: or, ni les bras, ni le travail, ni les masses n'ont leur compte.
PROUDHON, La Guerre et la Paix, 1861, p. 192.
‚ÄĘ 34. ... √† 8 heures, √† midi, √† 4 heures, quand ses bras arr√™t√©s laissent son esprit songer, il fait le tour de ces lieux avec son √Ęme.
PESQUIDOUX, Chez nous, 1923, p. 151.
♦ Vivre de ses bras. Vivre du travail de ses bras, subsister par son propre travail (cf. travailler de ses mains). Ne vivre que de ses bras; n'avoir que ses bras. Avoir pour seule ressource le travail. On n'avait plus de parents, on n'avait que ses bras. J'ai travaillé (HUGO, Les Misérables, t. 1, 1862, p. 101). Ne posséder que ses deux bras.
♦ Fam. Se servir de ses bras comme un cochon de sa queue. Ne pas savoir travailler correctement :
‚ÄĘ 35. ... on leur refusait deux berlines, l'une parce qu'elle ne contenait pas la quantit√© r√©glementaire, l'autre parce que la houille en √©tait malpropre (...) aussi est-ce qu'on devrait prendre des fain√©ants, qui se servent de leurs bras comme un cochon de sa queue!
ZOLA, Germinal, 1885, p. 1186.
♦ Travailler à pleins bras. Travailler beaucoup.
♦ Fam. En avoir plein les bras. Avoir les bras rompus de fatigue, être rompu de fatigue par excès de travail :
‚ÄĘ 36. C'est ma premi√®re journ√©e. J'en ai plein les bras avec leur volant au bout de seize heures.
A. SIMONIN, J. BAZIN, Voilà taxi! 1935, p. 15.
♦ Se croiser les bras. Rester sans rien faire, sans travailler. Ne pas payer qqn pour se croiser les bras; (rester) les bras croisés. Grève des bras croisés; (avoir) les bras ballants. (Être) inoccupé, oisif :
‚ÄĘ 37. ... quand bien m√™me je voudrais l'occuper, votre amie, je ne trouverais rien √† lui donner √† faire. (...) et je ne puis supporter aupr√®s de moi les gens qui restent √† me regarder, les bras crois√©s.
GIDE, L'√Čcole des femmes, 1929, p. 1275.
‚ÄĘ 38. ‚ÄĒ Que font-ils dans la journ√©e? (...)
‚ÄĒ Rien.
Presque tous en effet, avaient les bras ballants et les mains vides.
CAMUS, La Peste, 1947, p. 1413.
Rem. V. supra ex. 14, 16 et 32.
‚ô¶ P. m√©ton. Personne(s) qui travaille(nt); personne(s) en √Ęge de travailler, apte(s) au travail. Travail gigantesque (...) demandant (...) des milliers de bras (A. DAUDET, Le Nabab, 1877, p. 167). Les bras manquent¬†:
‚ÄĘ 39. Sa famille [de l'ouvrier] s'augmente, mais les bras ne se multiplient pas.
D. POULOT, Le Sublime, 1872, p. 216.
Rem. La valeur symbolique du bras, ainsi que l'oppos. t√™te/ bras, sont plus sensibles au sing. (supra a) qu'au plur. (supra b), ce dernier servant √† mettre davantage en relief le caract√®re plus ¬ę physique¬†¬Ľ, plus ¬ę concret¬†¬Ľ de l'ex√©cution d'une action, d'une t√Ęche.
2. [Le(s) bras en tant qu'instrument(s) privil√©gi√©(s) pour exercer et d√©ployer la force, partic. pour porter une charge, ou en tant que symbole de la vigueur physique; souvent par oppos. ‚ÄĒ implicite ou explicite ‚ÄĒ √† la main en tant qu'organe du toucher, de la pr√©hension, ou symbole de l'adresse] √Ē vagues de la mer, berceau des N√©r√©ides, / Que je fendais d'un jeune bras (MOR√ČAS, Les Stances, 1901, p. 135). Il fait √©galement des halt√®res (...) qu'il l√®ve √† la force des bras (COURTELINE, Messieurs-les-Ronds-de-cuir, 1893, 3e tabl., 1, p. 93)¬†:
‚ÄĘ 40. Vous voulez de Cromwell simplement h√©riter.
Et son fardeau n'a rien qui vous fasse hésiter,
Pourtant, milord, la charge est pour vous un peu forte;
Je vois la main qui prend et non le bras qui porte.
HUGO, Cromwell, 1827, p. 333.
‚ÄĘ 41. ... je vais le charger sur mes √©paules, ce ballot, et le porter aussi longtemps qu'il faudra. Si jamais ma vieille maman se trouve dans la rue, avec pareille charge sur les bras, puisse-t-elle rencontrer un passant comme moi, ...
G. DUHAMEL, Journal de Salavin, 1927, p. 54.
SYNT. Avoir les bras chargés; avoir un enfant dans les bras; avoir qqc. sur, sous le bras; avoir les bras alourdis par qqc.; revenir les bras chargés de présents; porter qqc. dans ses bras, sous le bras; serrer qqc. sous son bras.
a) [Avec l'idée de force]
‚ÄĒ Loc. m√©taph.
♦ Avoir un bras de fer, d'acier, d'airain [Au plan physique] Être doué d'une grande force musculaire, avoir un bras qu'aucune charge ne peut faire plier. [Au plan moral, surtout en parlant de personnes détenant un pouvoir qu'elles exercent avec vigueur] Faire sentir son bras de fer (cf. une main de fer dans un gant de velours) :
‚ÄĘ 42. L'opinion, que l'on auroit comprim√©e d'abord, s'√©chapperoit enfin¬†: lorsque le bras de fer du dernier tyran n'a pu la [l'opinion] tenir terrass√©e, lorsqu'il n'a pu l'encha√ģner dans sa gloire, seroient-ce les foibles mains de quelques agents obscurs qui pourroient la retenir?
CHATEAUBRIAND, Discours et opinions, 1826, p. 193.
‚ÄĘ 43. Paccard, qualifi√© de vieille-garde, de fameux-lapin, de bon-l√†, homme √† jarret de fer, √† bras d'acier, (...) gardait sa fougue en dedans, ...
BALZAC, Splendeurs et misères des courtisanes, 1847, p. 160.
Rem. 1. Se rencontre également, mais plus rarement, à propos d'abstractions, dans le cadre d'allégories : Le malheur m'a reçue à ma naissance dans ses bras de fer (HUGO, Han d'Islande, 1823, p. 394). ,,Cette (...) nécessité aux bras de fer`` (A. DUMAS Père, Intrigue et amour, trad. de Schiller, 1847, II, p. 228). 2. La notion de puissance, de pouvoir s'ajoutant à celle de vigueur, la loc. avoir un bras de fer et ses var. trouveraient également leur place infra sous I B 3.
♦ Avoir un, des bras de coton. Être sans énergie, sans volonté, sans courage.
Rem. 1. Attesté dans Lar. 19e, Nouv. Lar. ill. et ROB. 2. La notion de courage pouvant intervenir, cette loc. est à mettre en rapport également avec la subdivision I B b en partic. infra.
‚ô¶ Huile de bras. √Čnergie. Synon. huile de coude, de poignet. Mettre de l'huile de bras dans (une activit√© physique). Y mettre de l'√©nergie. De l'huile de bras! Un peu d'huile de bras¬†:
‚ÄĘ 44. Oh hisse! les d√©m√©nageurs! Enlevez-le avec pr√©caution! Un peu d'huile de bras, s'il vous pla√ģt!
COURTELINE, Un Client sérieux, Le Piano, 1893, p. 221.
‚ÄĒ P. m√©ton., pop. Gros bras. Dur, casseur. Faire le gros bras. Jouer √† l'homme fort, jouer les durs¬†:
‚ÄĘ 45. Sous une musique, pr√©texte futil[e], quelques gros bras vagu√®rent... deux ou trois tronches ... ¬ę La raison du plus fort ... etc. [¬Ľ].
A.-L. DUSSORT, Journal, 1930, p. 14.
♦ SP., fam. ,,Sportif puissant, qui constitue un concurrent sérieux`` (ESN. 1965).
Rem. √Čgalement dans Lar. Lang. fr.¬†: ,,Les gros bras.`` Les champions, ceux qui dominent dans une √©preuve``.
‚ÄĒ Loc. adv. ou adj.
‚ô¶ √Ä bras (d'homme), √† force de bras. (M√Ľ) avec la seule force de l'homme, en particulier celle de ses bras, sans aucune aide ext√©rieure animale ou m√©canique (cf. √† main). Des charrettes de boulanger tir√©es √† bras d'homme (FLAUBERT, La 1re √Čducation sentimentale, 1845, p. 15). Il se souleva p√©niblement √† force de bras (BOSCO, Le Mas Th√©otime, 1945, p. 214)¬†:
‚ÄĘ 46. Ce moteur, fonctionnant jadis √† bras d'homme, ensuite √† man√®ge, puis √† vapeur, aujourd'hui enfin, le plus souvent, √† l'√©lectricit√©, est attel√© √† un tambour...
E. SCHNEIDER, Le Charbon, 1945, p. 247.
SYNT. Porter, mouvoir, actionner qqc. à bras; pompe mue à bras d'homme; transports qui se font à bras; se hisser à force de bras.
‚ô¶ √Ä bras tendu. Avec la main, le bras √©tant √©tendu de toute sa longueur et tenu √©cart√© du corps (ce qui exige un plus grand effort musculaire). Les serments √† bras tendu pr√™t√©s (HUGO, L'√āne, 1880, p. 358)¬†:
‚ÄĘ 47. ... les Allemands sont plus forts que vous, aux poids? Je le d√©trompai. J'expliquai que le record √† bras tendu √©tait d√©tenu par un Fran√ßais, celui des deux bras par un Suisse, ...
GIRAUDOUX, Simon le Pathétique, 1926, p. 48.
P. métaph. [P. réf. à l'effort, à la volonté que suppose une action faite à bras tendu] :
‚ÄĘ 48. Penser debout au contraire, vouloir la paix, tenir √† bras tendu cette esp√©rance, c'est refus de croire et c'est foi.
ALAIN, Propos, 1927, p. 738.
♦ À bout de bras. Balancer (un panier) à bout de bras.
‚ÄĒ [Avec une id√©e d'effort] synon. de √† bras tendu. Tenir, brandir qqc. √† bout de bras. Le berger hausse l'enfant √† bout de bras au-dessus de sa t√™te (GIONO, Le Grand troupeau, 1931, p. 267). P. m√©taph. Tenir une affaire √† bout de bras. La tenir difficilement, par un effort particuli√®rement soutenu.
♦ À tour de bras. Avec vigueur, en y mettant toute sa force. Ils (...) frottaient à tour de bras le cuir de leurs basanes (COURTELINE, Le Train de 8 h 47, 1888, 1re part., 7, p. 83). Fig. À profusion, avec prodigalité. Embrasser qqn à tour de bras; mentir à tour de bras. Il va falloir verbaliser et verbaliser encore, et verbaliser à tour de bras (BARBUSSE, Le Feu, 1916, p. 129).
♦ À pleins bras. Entre ses bras ouverts (cf. à la brassée). Saisir, prendre qqn, qqc. à pleins bras; remuer, ramasser qqc. à pleins bras; tenir qqn à pleins bras. Fier, mon ami me ramasse à pleins bras comme une gerbe (COLETTE, La Vagabonde, 1910, p. 169).
‚ÄĒ En partic. [Avec l'id√©e suppl√©mentaire de charge, de responsabilit√©] Loc. fig.
‚ô¶ Avoir qqc. sur les bras. Se trouver dans l'obligation d'en supporter la charge morale ou mat√©rielle, d'en assumer la responsabilit√©, d'y faire face. Avec son budget sur les bras, il n'a gu√®re le temps d'√©crire (M√ČRIM√ČE, Lettres √† la comtesse de Montijo, 1870, p. 263)¬†:
‚ÄĘ 49. ... je me suis continuellement cass√© le nez sur des v√©rit√©s, dont quelques-unes d√©sagr√©ables; sans compter qu'elles sont importunes par leur masse, et par la difficult√© de les faire tenir ensemble. On les a sur les bras; ...
ALAIN, Propos, 1930, p. 967.
‚ÄĘ 50. ¬ę Mais le militant ouvrier qui se trouve un beau matin avec la responsabilit√© d'une gr√®ve sur les bras n'a pas la tentation de chercher dans le communisme un paradis artificiel; il maintient la ligne; ...¬†¬Ľ
VAILLAND, Dr√īle de jeu, 1945, p. 164.
SYNT. Avoir sur les bras une bien mauvaise affaire, avoir un état de siège sur les bras; mettre qqc. sur les bras de qqn. Se mettre une (belle, mauvaise) affaire sur les bras (A. FRANCE, Le Crime de Sylvestre Bonnard, 1881, p. 282). Laisser qqc. sur les bras de qqn; qqc. qui tombe, reste sur les bras de qqn.
‚ô¶ Avoir qqn sur les bras. √ätre importun√© par sa pr√©sence. Impossible de respirer avec de pareilles comm√®res sur les bras! (ZOLA, Les H√©ritiers Rabourdin, 1874, II, p. 14). Avoir √† faire face √† son hostilit√©. Foudre, anath√®me; on a le pape sur les bras (HUGO, La L√©gende des si√®cles, 1883, t. 6, p. 105). En avoir totalement la charge ‚ÄĒ en particulier la charge financi√®re ‚ÄĒ, devoir en assumer la responsabilit√©¬†:
‚ÄĘ 51. ... quand je vous pr√™te l'√Ęme du Vinci, de nos grands analystes modernes (...), n'est-ce pas un dieu que je vous mets sur les bras, ¬ę pour que du moins le pr√©texte de votre lassitude soit noble¬†¬Ľ?
BARR√ąS, Huit jours chez Monsieur Renan, 1888, p. 94.
‚ÄĘ 52. ... j'ai trop de soucis, en ce moment¬†: Jimmy qui ne se marie pas; Philippe, qui peut me retomber sur les bras d'un jour √† l'autre; et pas un sou √† la banque...
BOURDET, Le Sexe faible, 1931, p. 297.
SYNT. √ätre sur les bras de qqn; se mettre qqn sur les bras. ¬ę Bon! voil√† mon imb√©cile qui s'est mis une femme sur les bras!¬†¬Ľ (COURTELINE, Femmes d'amis, 1885, p. 15). Mettre, laisser qqn sur les bras de qqn; qqn qui reste, (re)tombe sur les bras de qqn.
Rem. La docum. ne fournit pas d'attest. de la loc. fig. tenir qqn (ou qqc.) √† bout de bras, pour signifier ¬ę soutenir avec difficult√© une personne (ou une chose) qui fl√©chirait si cet appui venait √† lui manquer¬†¬Ľ (emploi seulement enregistr√© par Lar. Lang. fr.).
b) [Avec l'idée de violence]
‚ÄĒ Fig. √Ä bras raccourci(s). Avec une grande violence. Tomber √† bras raccourci sur qqn (cf. ne pas y aller de main morte). P. m√©taph.¬†:
‚ÄĘ 53. Parfois, quand tous ces grotesques tapaient √† bras raccourcis sur la r√©publique, on voyait ses yeux rire sans que ses l√®vres perdissent leur moue d'homme grave.
ZOLA, La Fortune des Rougon, 1871, p. 81.
‚ÄĒ En partic. [Avec l'id√©e de violence guerri√®re, le(s) bras en tant qu'il(s) sert (servent) √† se battre, en tant que symbole de la lutte, de la valeur guerri√®re] Le fils de Th√©tis par son bras valeureux / (...) se rend √©gal aux dieux (MOR√ČAS, Iphig√©nie, 1900, p. 59). Armer son bras; un bras arm√©¬†:
‚ÄĘ 54. Va, va! Je ne veux pas qu'un bras obscur te frappe.
Il ne sied pas qu'ainsi ma vengeance m'échappe.
Tu ne seras touché par un autre que moi.
Défends-toi donc. Il tire son épée.
HUGO, Hernani, 1830, II, 3, p. 44.
‚ÄĘ 55. Et tous les cŇďurs √©taient de flamme;
Et tous les bras étaient d'airain;
(...)
Et dans la ferme crénelée,
(...)
Le glaive abritait la mêlée; ...
QUINET, Napoléon, 1836, p. 303.
♦ Lever le bras (contre qqn). Le menacer. Avoir le bras levé. Être dans des dispositions agressives (envers quelqu'un) :
‚ÄĘ 56. ... il dit ... qu'ils avaient le bras lev√©; qu'ils se porteraient √† des exc√®s, et que c'√©tait √† l'Assembl√©e √† √©pargner l'effusion du sang.
Le Moniteur, 1789, t. 2, p. 561.
[Dans le cadre de l'allégorie de la mort] La mort lève son bras maudit (HUGO, Les Burgraves, 1843, p. 111) :
‚ÄĘ 57. √Ē mort, je t'ai toujours aim√©e! Ils ont fait de toi un fant√īme hideux, squelette repoussant arm√© d'une faux et portant superbement ton linceul sur l'√©paule. Dans l'orbite de tes yeux ils n'ont point mis de regards; sur ta bouche grima√ßante ils ont fait un signe de menace; ton bras est toujours lev√©, ...
DU CAMP, Mémoires d'un suicidé, 1853, p. 262.
♦ Arrêter, retenir le bras de qqn. Convaincre quelqu'un de ne pas frapper, de ne pas mener une vengeance à son terme... ou l'empêcher d'y parvenir :
‚ÄĘ 58. Si vous √™tes venu, (...) dans le dessein de me tuer, ce ne sont pas mes supplications les plus √©loquentes qui pourront arr√™ter votre bras.
MAETERLINCK, Le Trésor des humbles, 1896, p. 176.
P. métaph. Arrêter le bras de la vengeance, du Destin.
‚ÄĒ P. m√©ton. Personne qui frappe, qui ex√©cute un meurtre pour le compte de quelqu'un d'autre¬†:
‚ÄĘ 59. ... je n'ai jamais pu la tuer [une femme], je n'y voyais point, et j'√©tais trop pauvre pour acheter un bras.
BALZAC, Facino Cane, 1836, p. 385.
‚ÄĒ Proverbe. Les bons bras font les bonnes lames. ,,Toute arme est bonne entre les mains d'un homme courageux et adroit`` (Lar. 19e).
Rem. √Čgalement attest√© dans BESCH. 1845, GU√ČRIN 1892, Nouv. Lar. ill. et Lar. 20e.
3. [Le bras en tant que symbole de la puissance, du pouvoir, notamment juridique]
a) [Par anthropomorphisme]. Le bras de Dieu (cf. la main de Dieu) :
‚ÄĘ 60. ... celui qui est le Puissant, (...). Il a t√©moign√© de la puissance de Son bras, Il a dispers√© ces superbes dont le cŇďur trouble l'esprit. Il a d√©pos√© les puissants de leurs si√®ges et Il a relev√© les humbles.
CLAUDEL, Poésies diverses, Magnificat, 1952, p. 861.
‚ÄĒ [Le bras de l'homme p. oppos. au bras, √† la parole ... de Dieu] Combien le bras de l'homme est moins puissant que la parole de Dieu! (HUGO, Han d'Islande, 1823, p. 152). S'appuyer sur un bras de chair. ,,Mettre sa confiance dans les hommes, au lieu de la mettre en Dieu`` (Ac. 1932); (attest√© dans la plupart des dict.)¬†:
‚ÄĘ 61. ... je sais comment se pr√©cipitent rois et nations √† force d'offenser Dieu. Quiconque esp√®re en la puissance de son propre bras, sera confondu et n'obtiendra point la victoire; ...
THIERRY, Récits des temps mérovingiens, 1840, t. 2, p. 49.
b) [En parlant d'institutions d√©positaires d'une puissance, d'une autorit√© de fait] Le bras de l'√Čtat; le bras de la justice; le bras de l'√Čglise¬†:
‚ÄĘ 62. ... ils [les j√©suites] appel√®rent √† leur aide contre [la th√©orie de Descartes] le bras de l'√Čglise et celui de l'√Čtat.
COUSIN, Cours d'hist. de la philos. mod., 1847, t. 1, p. 478.
‚ÄĘ 63. ... on trouve la chose impossible [que les Bourbons adoptent le gouvernement √©tabli]¬†: les libert√©s naturelles, se redressant dans l'absence du bras qui les courbait, auraient repris leur ligne verticale sous la faiblesse de la compression.
CHATEAUBRIAND, Mémoires d'Outre-Tombe, 1848, t. 2, p. 518.
‚ô¶ HIST. [Sous l'Ancien R√©gime] Le bras s√©culier. La puissance, l'autorit√© de la justice la√Įque par rapport √† la justice eccl√©siastique, les juges d'√Čglise ne pouvant ex√©cuter eux-m√™mes leurs propres ordonnances relatives √† des biens temporels ou √† des ch√Ętiments avec effusion de sang et √©tant oblig√©s de faire appel aux juges la√Įques et de leur livrer les condamn√©s (d'apr. Lar. 19e). ,,Livrer un eccl√©siastique au bras s√©culier`` (Ac. 1835-1932). √ätre √† l'abri du bras s√©culier¬†:
‚ÄĘ 64. ... si elle [Jeanne] ne veut pas donner de r√©ponse du tout, je requiers express√©ment que le juge la d√©clare h√©r√©tique sans d√©bat, par d√©faut, et l'abandonne au bras s√©culier!
P√ČGUY, La Tapisserie de Sainte Genevi√®ve et de Jeanne d'Arc, 1913, p. 570.
P. m√©ton. La justice la√Įque¬†:
‚ÄĘ 65. ... la paix de demain ne peut avoir comme base simplement une ou plusieurs d√©clarations, mais qu'il lui faut une organisation concr√®te avec le tribunal, la proc√©dure et le bras s√©culier.
DE GAULLE, Mémoires de guerre, 1956, p. 629.
c) P. ext. [Le bras en tant que symbole de l'influence]
‚ÄĒ Avoir le bras long. Jouir, socialement, d'une grande influence; avoir beaucoup de cr√©dit, de pouvoir; avoir des possibilit√©s d'action importantes¬†:
‚ÄĘ 66. Il y a des √©crivains fran√ßais hors de France... S'ils allaient parler ... il faut les en emp√™cher. Comment faire? b√Ęillonner les gens √† distance, ce n'est pas ais√©. M. Bonaparte n'a pas le bras si long que √ßa.
HUGO, Napoléon le petit, 1852, p. 45.
‚ÄĘ 67. Le bonheur n'aurait-il pas le bras plus long que le malheur et certaines de ses forces ne s'approcheraient-elles pas davantage de l'√Ęme humaine?
MAETERLINCK, Le Trésor des humbles, 1896, p. 163.
‚ÄĒ Conserver un bras (dans un lieu, un milieu, etc...). Conserver, dans la place, un alli√© par l'interm√©diaire duquel il est possible d'intervenir, d'influer sur le cours des √©v√©nements¬†:
‚ÄĘ 68. Corentin fut, non pas le conseil de ce ministre [Fouch√©], mais son √Ęme damn√©e ... aussi Fouch√© l'avait-il laiss√© naturellement au minist√®re de la Police, afin d'y conserver un Ňďil et un bras...
BALZAC, Une Ténébreuse affaire, 1841, p. 97.
C.‚ÄĒ [Le(s) bras en tant qu'instrument(s) ou symbole d'un lien unissant deux √™tres]¬†:
‚ÄĘ 69. ... vous √™tes trop aimable en cette occasion pour votre pauvre amie. Vous me dites des choses √† faire prendre le vol pour tomber vite dans ces bras qui embrassent si tendrement; ...
E. DE GU√ČRIN, Lettres, 1840, p. 384.
1. Au sing. [Pr√©p. √†, de, par; le bras, donn√© ou pris, en tant qu'appui] √Ä l'oreille, il nous dit √† quelle dame chacun de nous doit offrir le bras (RENARD, Journal, 1897, p. 390); elle prit son bras (geste horrible¬†:¬ę je te tiens bien!¬†¬Ľ) (MONTHERLANT, Les L√©preuses, 1939, p. 1401).
SYNT. (Femme) accepter le bras (d'un homme); (homme) avoir une femme à son bras; prendre le bras de qqn, prendre qqn par le bras; quitter le bras de qqn; sortir, marcher au bras de qqn; donner le bras à son mari; être au bras de son mari; s'appuyer au bras de son mari; passer le bras de sa femme sous le sien.
‚ÄĒ P. m√©taph.¬†:
‚ÄĘ 70. ... dans ces espaces d√©serts, la grande et l√©g√®re duchesse de Ch√Ętillon s'est jadis appuy√©e sur mon bras. Je ne donne plus le bras qu'au temps¬†: il est bien lourd!
CHATEAUBRIAND, Mémoires d'Outre-Tombe, t. 2, 1848, p. 249.
‚ÄĒ [Avec l'id√©e d'appui r√©ciproque] Se donner le bras.
♦ Loc. adv. Bras dessus bras dessous. [Le plus souvent, signe d'amitié, notamment entre pers. du même sexe] En se donnant le bras. (S'en) aller bras dessus bras dessous (avec qqn).
2. Au plur. [Prép. dans, entre; d'entre; à, vers, de; les bras en tant qu'instruments ou symbole d'union très étroite (plus étroite que l'union symbolisée par les mains jointes)] :
‚ÄĘ 71. Comme elle pleurait, Gasparine la prit √† son tour dans ses bras, la garda contre sa poitrine plate et ardente, pendant que Campardon accourait les consoler. ‚ÄĒ Pourquoi pleures-tu? disait-elle avec maternit√©.
ZOLA, Pot-Bouille, 1882, p. 164.
‚ÄĘ 72. Je la prends dans mes bras. Et elle fr√©mit. Toute sa bonne chair jeune et forte s'√©meut. Je la serre dans mes bras, je l'embrasse. (...) elle se trouble tout de suite profond√©ment.
DRIEU LA ROCHELLE, Rêveuse bourgeoisie, 1939, p. 253.
SYNT. Tenir, presser qqn dans, entre ses bras; saisir, écraser qqn dans ses bras; viens dans mes bras; refermer ses bras sur qqn; être dans les bras de qqn; se jeter, se précipiter, se blottir dans les bras de qqn; se retirer des bras de qqn; l'étreinte des bras de qqn; au sortir des bras de qqn.
a) Locutions
‚ÄĒ Tendre les bras √† / vers qqn.
♦ Tendre les bras à qqn. Solliciter qqn., réclamer sa présence, son amour... Reviens auprès de ta vieille mère qui te tend des bras désespérés (MAUPASSANT, Une Vie, 1883, p. 242). Venir en aide à qqn. ; lui accorder son pardon. Synon. ouvrir ses bras à qqn (cf. tendre la main à qqn [fig.]) :
‚ÄĘ 73. ... pour un homme de votre m√©rite, l'Italie n'est point une patrie, et la France vous tend les bras; r√©pondez √† son appel!
A. DUMAS Père, Le Comte de Morcerf, 1851, I, 1, p. 18.
‚ÄĘ 74. Puisse ne point trop tarder la lib√©ration de ce peuple qui tend les bras vers ses amis dont il fut hier et sera demain l'avant-garde!
DE GAULLE, Mémoires de guerre, 1956, p. 514.
♦ Tendre les bras vers qqn. L'appeler à son secours, implorer son aide. Tendre les bras vers qqc. Souhaiter, désirer quelque chose.
‚ÄĒ Ouvrir ses/les bras √† qqn.
‚ô¶ Accueillir qqn. avec joie, avec bonheur. P. m√©taph. La sympathie aux bras ouverts (T. GAUTIER, Po√©sies, 1872, p. 328); les bras ouverts de mon √Čglise (VERLAINE, Sagesse, 1881, p. 240); je veux marcher libre entre les bras ouverts du monde (COCTEAU, Le Potomak, 1919. p. 258).
‚ÄĘ 75. Nous n'avons rien √† lui [la France] demander except√©, peut-√™tre, que le jour de la libert√© elle veuille bien nous ouvrir maternellement ses bras pour que nous y pleurions de joie...
DE GAULLE, Mémoires de guerre, 1956, p. 125.
♦ Lui accorder son pardon. Synon. tendre les bras à qqn :
‚ÄĘ 76. Quant √† ma b√©n√©diction, je m'en vais vous la donner tout de suite ‚ÄĒ et le vieux ouvrit ses bras pour l'accueillir.
GIDE, Les Caves du Vatican, 1914, p. 730.
‚ÄĒ Arracher qqn des bras de qqn. L'en s√©parer, l'en √©loigner. S'arracher des bras de qqn.
‚ÄĒ Agoniser, s'√©teindre, mourir, expirer dans les bras de qqn. Agoniser, s'√©teindre... en ayant cette personne aupr√®s de soi¬†:
‚ÄĘ 77. La m√®re de Mme Seguin nous dit¬†:
‚ÄĒ Ma fille a √©t√© admirable de d√©vouement. M. Charcot est mort dans ses bras.
‚ÄĒ Dans mes bras! Qu'est-ce que tu dis donc, maman? (...). Je n'y ai m√™me pas touch√©!
RENARD, Journal, 1897, p. 421.
‚ÄĒ Loc. adv. √Ä bras ouverts. Avec joie, avec cordialit√©. Recevoir, accueillir qqn √† bras ouverts¬†:
‚ÄĘ 78. Aussi, lorsque la r√©action cl√©ricale de 1849 se d√©clara, presque toute la bourgeoisie de Plassans passa-t-elle au parti conservateur. Elle y fut re√ßue √† bras ouverts.
ZOLA, La Fortune des Rougon, 1871, p. 74.
b) En partic.
‚ÄĒ [Dans le domaine de l'amour, pour signifier des relations sexuelles] P. euph√©m. Prendre, serrer une femme dans ses bras; √™tre dans les bras d'une femme; tomber dans, entre les bras d'un homme¬†:
‚ÄĘ 79. ... un soir, elle se retrouva dans les bras de Saccard, d√©finitivement √† lui, laissant s'√©tablir des relations r√©guli√®res.
ZOLA, L'Argent, 1891, p. 173.
‚ÄĘ 80. ... le jeune chr√©tien se disait¬†: ¬ę L'inconnu qui pleure √† la tomb√©e du soir en √©coutant le muezzin est plus pr√®s de ce haut chanteur inconnu que ce sultan du cŇďur de cette femme qu'il prendra cette nuit dans ses bras.¬†¬Ľ
BARR√ąS, Mes cahiers, t. 4, 1904-06, p. 236.
♦ P. métaph. :
‚ÄĘ 81. ... je suis all√© me coucher avec l'esp√©rance; je ne l'avais pas serr√©e dans mes bras depuis longtemps; mais elle ne vieillit point, et on l'aime toujours malgr√© ses infid√©lit√©s.
CHATEAUBRIAND, Mémoires d'Outre-Tombe, t. 4, 1848, p. 206.
‚ÄĒ [Avec l'id√©e de refuge] Se jeter dans, entre les bras de qqn. Chercher un refuge, une protection, une consolation, etc., aupr√®s de lui. Synon. se r√©fugier dans les bras de qqn¬†:
‚ÄĘ 82. ... nous sommes perdus et n'avons d'autres ressources que de nous jeter dans les bras des h√©ros de Juillet.
Mme DE CHATEAUBRIAND, Mémoires et lettres, 1847, p. 184.
‚ÄĘ 83. ... des libres penseurs tout de paroles, fort amis de l'autorit√©, se jetant dans les bras du premier sauveur venu, au moindre grondement du peuple.
ZOLA, La Fortune des Rougon, 1871, p. 40.
♦ P. métaph. Se jeter, se réfugier dans les bras de qqc. :
‚ÄĘ 84. M. Bonneau, riche rentier de Vonges, et qui ne savait √† quoi occuper son temps, se jeta avec fureur dans les bras de l'arch√©ologie.
CHAMPFLEURY, Les Bourgeois de Molinchart, 1855, p. 132.
Rem. V. d'autre part infra 3.
3. Au plur. [Mêmes prép. que supra 2, mais l'idée de domination supplante celle d'amour]
a) Se jeter dans, entre les bras de qqn (qui est hostile). Se (re)mettre à son pouvoir, à sa merci, entre ses mains (cf. tomber aux mains, dans les mains de [ses ennemis]) :
‚ÄĘ 85. ... qui ne verrait le doigt de Dieu dans cet aveuglement qui poussa cette famille √† se jeter sans cesse dans les bras de ses ennemis...
Mme DE CHATEAUBRIAND, Mémoires et lettres, 1847 p. 176.
b) P. métaph. Être dans les bras de Morphée. Dormir. Dans les bras de la mort ... cher et triste objet d'une passion qui me consume jusque dans les bras de la mort (CHATEAUBRIAND, Génie du Christianisme, t. 2, 1803, p. 238).
c) P. métaph. Verbe + dans les bras de qqc. Dans le sein, sous l'influence de quelque chose :
‚ÄĘ 86. De quelque fa√ßon qu'on ait v√©cu, on veut au moins expirer dans les bras de la Religion, et dans le sein de ses esp√©rances...
LAMENNAIS, Essai sur l'indifférence en matière de relig., t. 2, 1817-23, p. 238.
II.‚ÄĒ P. ext. ou anal.
A.‚ÄĒ P. ext., ANAT. ANIMALE
1. [Chez les vertébrés] Membre thoracique dans sa totalité ou dans son premier article seulement :
‚ÄĘ 87. L'aile d'un Oiseau, homologue du membre ant√©rieur d'un quadrup√®de, comporte la m√™me division en bras, avant-bras et main...
E. PERRIER, Traité de zool., t. 4, 1928-32, p. 3180.
‚ÄĒ [Chez le cheval] Partie de la patte ant√©rieure allant de l'articulation de l'√©paule √† celle du genou. Un cheval plie bien le bras, plie bien la jambe (BESCH. 1845); il [un beau cheval] a la t√™te s√®che, peu de ganache et les bras gros (A. FRANCE, Tha√Įs, 1890, p. 166).
2. [Chez certains crustacés] Chacune des pinces [Chez les céphalopodes, certains mollusques, certains polypes] Chaque tentacule. [Chez certains arachnides] Chaque appendice buccal. Le poulpe aux bras touffus (HUGO, La Fin de Satan, Le Glaive, 1885, p. 796); l'araignée fauve, l'affreux gymnaste aux six bras (LARBAUD, A. O. Barnabooth, 1913, p. 349); de hideux polypes qui serpentent avec leurs sept bras longs, armés de ventouses (BERNARDIN DE SAINT-PIERRE, Harmonies de la nature, 1814, p. 194).
B.‚ÄĒ [P. anal. (de forme, de position ou de fonction)]
1. Sc. et techn. de la terre
a) G√ČOGRAPHIE
‚ÄĒ HYDROGRAPHIE. Bras d'un fleuve, d'une rivi√®re. Subdivision lat√©rale qu'une √ģle s√©pare du bras principal. Bras fluviaux; les deux bras de la Seine. Sans tenir compte des obstacles, des bras sinueux de la source, qui se croisaient devant elle (G. SAND, Consuelo, t. 2, 1842-43, p. 154)¬†:
‚ÄĘ 88. Le fleuve qui, (...)
Tra√ģne ses marnes et ses eaux
Au milieu des p√Ęles roseaux,
Presse en ses bras une longue √ģle, ...
A. FRANCE, Les Poèmes dorés, La Vision des ruines, 1873, p. 38.
♦ P. métaph. :
‚ÄĘ 89. Ce dernier et vieux bras du grand fleuve de la l√©gitimit√©, qui semblait peu gu√©able et qu'on essayait depuis longtemps de tourner et de saigner de mille mani√®res (...) avait √©t√© brusquement franchi par un accident sublime, par un miracle de l'audace populaire.
SAINTE-BEUVE, Premiers lundis, t. 2, 1869, p. 117.
♦ Bras mort. Bras abandonné par le cours d'eau parce qu'il est encombré d'alluvions et devenu marécageux :
‚ÄĘ 90. L√† aussi, il fallut conqu√©rir les varennes sur les eaux, marais, bras morts, boires ou ramifications des rivi√®res.
VIDAL DE LA BLACHE, Tabl. de la géogr. de la France, 1908, p. 166.
Po√©t. [P. oppos. √† bras mort] Bras vif. Eau des bras morts et des vifs, nerveuse et coulante ou d'un sommeil plat (A. ARNOUX, Rh√īne, mon fleuve, 1944, p. 311). P. ext.¬†:
‚ÄĘ 91. La paisible rue Chanoinesse et la rue des Chantres (...) voyaient bien peu de promeneurs fouler leurs pav√©s ronds √† l'ordinaire. Elles formaient bras mort pour la circulation.
J. DE LA VARENDE, Le Roi d'√Čcosse, 1941, p. 286.
‚ÄĒ OC√ČANOGR. Bras de mer. √Čtroite et profonde p√©n√©tration de la mer √† l'int√©rieur d'une c√īte, ou son passage resserr√© entre deux bandes de terre¬†:
‚ÄĘ 92. On s'en allait par les √ģles, tout un d√©dale compliqu√© de terres et de bras de mer, que forment les embouchures r√©unies de la Meuse, de l'Escaut et du Rhin.
VAN DER MEERSCH, L'Empreinte du dieu, 1936, p. 136.
b) HORTIC. [En parlant d'un cep de vigne, d'un arbre en espalier] Chaque ramification principale s'√©cartant du tronc √† l'horizontale. Les bras de la souche; les gros bras de vigne; souches de vignes √† trois bras. Ce poirier, ce p√™cher a le bras droit plus fort ou plus faible que le bras gauche (√Č.-A. CARRI√ąRE, Encyclop. horticole, 1862, p. 69).
2. Sc. phys.
a) ASTRON. Bras galactique. Prolongement, g√©n√©ralement double et dispos√© sym√©triquement, d'une galaxie vers l'ext√©rieur et tendant √† s'enrouler autour de son noyau. Bras spiraux, spiralo√Įdes d'une galaxie; bras galactique local, int√©rieur; les deux bras d'une n√©buleuse spirale. Elle [la voie lact√©e] entoure tout le ciel approximativement d'un grand cercle, et se divise en deux bras de la constellation du Centaure √† celle du Cygne (E. SCHATZMAN, Astrophysique, 1963, p. 95).
b) PHYS. Bras de levier d'une force (qui agit sur un solide). ,,Distance de la ligne d'action de cette force à l'axe de rotation du solide`` (Lar. encyclop., s.v. levier).
Rem. Cf. infra 3 d technol. bras de levier.
3. Autres domaines
a) AMEUBLEMENT.
‚ÄĒ [En parlant d'un fauteuil; vx, en parlant d'une chaise] Le bras gauche du fauteuil; chaise √† bras. Synon. accoudoir, accotoir. La chauffeuse capitonn√©e / Vous tend les bras (T. GAUTIER, √Čmaux et cam√©es, 1852, p. 128); toujours un rien, un d√©tail (...), le galbe des bras et des jambes faisait de mon fauteuil une pi√®ce originale (BARR√ąS, Mes cahiers, t. 9, 1912, p. 344); il (...) se laissa tomber (...) entre le bras valide et le moignon du fauteuil manchot (A. ARNOUX, Roi d'un jour, 1956, p. 13).
‚ÄĒ Vx. Bras-applique ou bras d'applique, bras de lumi√®re, bras. Chandelier mural √† une ou plusieurs branches comportant √† l'extr√™mit√©, du moins √† l'origine, un ornement figurant un poing. Des bras d'argent, de vermeil. Les aigles constituant les bras de lumi√®re (S. GRANDJEAN, L'Orf√®vr. du XIXe s. en Europe, 1962, p. 102)¬†:
‚ÄĘ 93. ... le lampier, (...) excelle √† modeler et √† fondre de grands chandeliers, des cand√©labres d'autel, des bras pour recevoir des cierges, ...
SAINTE-BEUVE, Nouv. lundis, t. 7, 1863-69, p. 186.
♦ P. ext. Bras (de cheminée). Chandelier sur pied se posant sur le manteau d'une cheminée. Tu garniras de bougies les bras de cheminée et les flambeaux (BALZAC, Les Chouans, 1829, p. 345).
b) CH. DE FER. [Dans un sémaphore] Voyant mobile, articulé sur un plan vertical par rapport auquel, se tendant comme un bras, il prend la position horizontale généralement pour signifier la nécessité d'un ralentissement ou d'un arrêt du train.
c) MAR. Bras d'un aviron. Partie d'un aviron allant de la poignée au point d'appui. Bras d'une vergue. Les bras d'une ancre. Les deux branches de l'ancre, qui portent à leur extrémité la pièce triangulaire plate appelée patte.
d) TECHNOLOGIE
‚ÄĒ [Pour d√©signer, dans une pi√®ce, un √©l√©ment en forme de tige, de barre, permettant de saisir, de soutenir, d'actionner, de transmettre un mouvement...] Bras d'une manivelle, d'une pompe, d'un √©l√©vateur, d'une grue; machine √† grands bras articul√©s. La mati√®re premi√®re est introduite dans l'appareil (...) par un moyeu √©vid√© muni de bras en h√©lice (J. CAHEN, E. BRUET, Carri√®res, pl√Ętri√®res, ardoisi√®res, 1926, p. 221); un √©crou qui actionne (...) le bras moteur d'un arbre transversal appel√© arbre de frein (HERDNER, Locomotives..., p. 321).
♦ Bras de levier. Barre rigide, mobile autour d'un point d'appui fixe, soumise au moins à l'action contraire de deux forces, la force motrice et la résistance, et servant à soulever, à déplacer des charges; barre permettant d'actionner un mécanisme :
‚ÄĘ 94. On trouve (...) au rapprochement [des essieux] l'avantage de disposer d'un plus grand bras de levier, pour tourner √† force de bras les wagons sur les plaques de croisement.
J.-N. HATON DE LA GOUPILLI√ąRE, Cours d'exploitation des mines, 1905, p. 717.
Rem. Cf. supra II B 2 b physique.
‚ÄĒ Sp√©c. Bras (d'un v√©hicule). Prolonges parall√®les situ√©es √† l'avant et servant √† porter, √† mouvoir (le v√©hicule). Synon. brancards. Les bras d'une brouette, d'une civi√®re; voiture, charrette √† bras. Bras de lecture ou bras de pick-up. Tige mobile, articul√©e sur le plateau de l'√©lectrophone et portant √† son extr√©mit√© libre la pointe de lecture explorant les sillons du disque.
‚ÄĒ [P. anal. avec la position d'un homme, se tenant debout, les bras √©cart√©s tendus √† l'horizontale] Les bras d'une croix, d'un crucifix, d'un gibet, d'un poteau indicateur. Et tout se r√®gle [dans les monts d'Espagne] avec l'√©querre / Que font les deux bras du gibet (HUGO, Les Chansons des rues et des bois, Libert√©, 1865, p. 248)¬†:
‚ÄĘ 95. La Croix, c'est Dieu √† l'Ňďuvre. Elle est non seulement son instrument, elle est sa forme active, son op√©ration extractrice et unificatrice, son extension entre les quatre points cardinaux¬†: le Nord ou Z√©nith qui est cette racine dans le firmament; le Sud ou Nadir qui est cette mati√®re √©chauff√©e par la gr√Ęce sur laquelle force s'exerce; ces bras, √† droite et √† gauche, qui sont les instruments de son √©nergie temporelle.
CLAUDEL, Un Poète regarde la Croix, 1938, p. 255.
‚ô¶ P. m√©ton., ARCHIT. RELIG. [Dans une √©glise] Bras de croix droit ou gauche. Nef lat√©rale correspondant au bras droit (ou gauche) de la croix, situ√©e dans la nef centrale. L'homme regardait les choses du bras de croix gauche par o√Ļ il √©tait entr√© (VERLAINE, Ňíuvres posthumes, t. 1, Souvenirs, p. 241).
PRONONC. ET ORTH. ‚ÄĒ 1. Forme phon.¬†:[] ou []. Les dict. mod. optent pour [a] ant. Cf. BARBEAU-RODHE 1930, DUB., Pt ROB., Pt Lar. 1968 et WARN. 1968. Pour [a] cf. encore GRAMMONT Prononc. 1958, p. 27. Cependant PASSY 1914 admet [a] ou [] post. Quant aux dict. de la fin du XVIIIe et du XIXe s. [] est long dans F√ČR. 1768, F√ČR. Crit. t. 1 1787, LAND. 1834 et GATTEL 1841. Par contre [a] est ant. et bref dans NOD. 1844, F√ČL. 1851, LITTR√Č et DG. Pour l'h√©sitation entre [a] et [] cf. √©galement KAMM. 1964, p. 92¬†: ,,Le a final est plut√īt ouvert [= post.] dans beaucoup de mots qui se terminent par le son a √©crit as [cependant] le a final tend √† se fermer [= √† devenir ant.] dans plusieurs de ces mots, notamment¬†: bras, embarras, chas, taffetas, galetas, matelas, chasselas, cervelas, verglas, cadenas, ananas.`` √Ä ce sujet cf. la finale -as. Cf. encore BUBEN 1935, ¬ß 11, et ROUSS.-LACL. 1927, p. 135. Pour LITTR√Č devant voyelle l's se lie. Cf. aussi F√ČR. Crit. t. 1 1787, LAND. 1834, GATTEL 1841 et F√ČL. 1851. Enq.¬†://. 2. Forme graph. ‚ÄĒ ,,Bras et les mots de sa famille s'√©crivent avec des s¬†: brassard, brassi√®re, embrasser... except√© bracelet et brachial [cf. ces mots]`` (Ortho-vert 1966, p. 119).
√ČTYMOL. ET HIST. ‚ÄĒ 1. Ca. 1100 ¬ę membre du corps humain¬†¬Ľ ici empl. par image (Roland, √©d. J. B√©dier, 597¬†: Dunc perdreit Carles le destre braz del corps); 1611 zool. les bras d'un scorpion (COTGR.); 2. p. anal. a) ca 1165 ¬ę bras de mer¬†¬Ľ (M. DE FRANCE, Lais, √©d. J. Rychner, Lai de Guigemar, 150); b) entre 1175 et 1180 [en parlant d'une croix] (Renart, √©d. M. Roques, branche III b, 4983); c) 1606 mar. plur. ¬ę cordages¬†¬Ľ (NICOT); 3. a) ca 1350 ¬ę force, pouvoir, puissance¬†¬Ľ (G. LE MUISIT, Po√©sies, I, 347 dans T.-L.); b) 3e quart du XVe s. ¬ę agent, ex√©cutant¬†¬Ľ (GEORGES CHASTELLAIN, Chron. du Duc Philippe, Introd. dans GDF. Compl.).
Du lat. class. bra(c)chium ¬ę bras¬†¬Ľ (empr. au gr. ¬ę id.¬†¬Ľ); 3 lat. chr√©t. a, Tertullien dans TLL, 2159, 38; b, Vulg. Is., 53, 1, ibid., 2159, 61¬†: brachium domini.
STAT. ‚ÄĒ Bras. Fr√©q. abs. litt√©r.¬†:27 032. Fr√©q. rel. litt√©r.¬†:XIXe s.¬†: a) 31 385, b) 49 052; XXe s.¬†: a) 45 320, b) 34 643. Bras dessous bras dessus. Fr√©q. abs. litt√©r.¬†:10.
BBG. ‚ÄĒ BENVENISTE (√Č.). Anal. d'un vocable primaire. B. Soc. Ling. 1956, t. 52, pp. 61-71. ‚ÄĒ DELAMAIRE (J.). Meuniers et moulins √† vent. Vie Lang. 1970, p. 629. ‚ÄĒ DUCH. 1967, ¬ß 15. ‚ÄĒ Encyclop. 4. Informat. (L'). 1973, n¬į 37, p. 64. ‚ÄĒ GOHIN 1903, p. 342. ‚ÄĒ GOUG. Mots t. 2 1966, pp. 14-15. ‚ÄĒ GRIMAUD (F.). Pt gloss. du jeu de boules. Vie Lang. 1968, p. 111. ‚ÄĒ HENRY (A.). Un Passage difficile de RutebŇďuf. In¬†: [M√©l. Wartburg (W. von)]. T√ľbingen, 1968, t. 1, p. 387. ‚ÄĒ HORNING (A.). Zur Wortgeschichte. Z. rom. Philol. 1906, t. 30, p. 455. ‚ÄĒ LABORIAT (J.). Bras de chemise et soutien-gorge. Vie Lang. 1970, pp. 228-230. ‚ÄĒ LEONARD (C.). ¬ę Strong¬†¬Ľ and ¬ę weak¬†¬Ľ in Gallo-Romance. Rom. Philol. 1965, t. 18, p. 298. ‚ÄĒ RITTER (E.). Les Quatre dict. fr. Rem. lexicogr. B. de l'Inst. nat. genevois. 1905, t. 36, p. 364. ‚ÄĒ ROG. 1965, pp. 25-26; p. 127, 180. ‚ÄĒ SAIN. Arg. 1972 [1907], p. 85; pp. 135-136. ‚ÄĒ SAIN. Sources t. 3 1972 [1930], p. 452. ‚ÄĒ THURNEYSEN 1884, p. 92. ‚ÄĒ Vocab. techn. des Quilles. Cah. de l'Office de la lang. fr. 1972, n¬į 15, p. 17.

bras [b Ä…Ď] n.¬†m.
√ČTYM. 1080, braz; du lat. pop. bracium, lat. class. bracchium, grec brakhi√īn.
‚ĚĖ
1 a Anat. Segment du membre sup√©rieur compris entre l'√©paule et le coude (oppos√© √† avant-bras). || Du bras. ‚áí Brachial. || Os du bras. ‚áí Hum√©rus. || Mouvement du bras¬†: abduction, adduction, √©l√©vation, rotation. || Muscles du bras. ‚áí Biceps, triceps, delto√Įde. || Syst√®me art√©riel du bras. || Pli entre le bras et l'avant-bras. ‚áí Saign√©e.
b Cour. (impropre en anat.). Le membre sup√©rieur, de l'√©paule √† la main (argot brandillon). ‚áí Arri√®re-bras (rare), avant-bras. || Bras droit, bras gauche (en blason¬†: ‚áí Dextroch√®re, senestroch√®re). || Avoir de longs bras. || Bras nerveux, d√©charn√©, bras charnu, gros, muscl√©. || Avoir des bras muscl√©s (‚áí Biceps, fam. biscoteau), forts, gros. ‚Üí ci-dessous, Gros bras. || La force des bras. || Avoir le bras fatigu√©, ankylos√©; bless√©. || Avoir un bras cass√©, en √©charpe (cit. 2 et 3). || √ätre estropi√©, amput√© d'un bras, manchot. ‚ÄĒ Avoir les bras couverts, nus.
1 (…) les manches pagodes relevées jusqu'aux épaules, laissant nus les bras gracieux qui ont le poli de l'ambre et qui en rappellent un peu la couleur.
Loti, Mme Chrysanthème, XI, p. 79.
2 Ils demeuraient si beaux, ses bras, de l'aisselle pleine et musclée jusqu'au poignet rond, qu'elle les contempla un moment.
¬ę Belles anses, pour un si vieux vase¬†! ¬Ľ
Colette, Chéri, p. 156 (→ Anse, cit. 4; et aussi amphore, cit. 2).
2.1 Et des bras plus jolis que les v√ītres. Et les marques du vaccin sur son bras¬†(‚Ķ)
Montherlant, Pitié pour les femmes, p. 58.
2.2 Deux bras nus, deux angoisses froides
Gelaient tout le long de son torse.
Robert Vivier, Au bord du temps, ¬ę Le motocycliste ¬Ľ.
‚ô¶ Lever, baisser, plier, √©tendre les bras. || Se croiser les bras. || √Čcarter, arrondir les bras. ‚ÄĒ ‚ėĎ Loc. Lever les bras au ciel (pour prendre le ciel √† t√©moin, en signe de d√©sespoir, etc.). || Balancer les bras. || Agiter les bras. || Faire des signaux √† bras. || Les bras en croix. || Croiser les bras sur la poitrine. || Avoir les bras coll√©s au corps. || √Čcarter les bras du corps. ‚ÄĒ Porter sur ses bras, entre ses bras, dans ses bras. || Tenir entre ses bras, dans ses bras (‚áí Brasse, brass√©e). ‚ėĎ Lever un poids √† bras tendu, √† bout de bras. || Brandir √† bout de bras. || Porter, tenir un objet sous le bras. || Rester l'arme au bras.
3 (‚Ķ)¬†des danseuses antiques (‚Ķ) arrondissant en l'air leurs bras blancs et fr√™les comme les anses d'une amphore d'alb√Ętre¬†(‚Ķ)
Th. Gautier, Fortunio, XVI, p. 110.
4 (…) un matelot, qui était couché les bras étendus en croix.
Loti, Mon frère Yves, V, p. 25.
5 Elle s'imposait de rester là, debout, les bras ballants (…)
Martin du Gard, les Thibault, t. V, p. 264 (→ Ballant, cit. 2).
5.1 (‚Ķ)¬†le m√©decin l√®ve les bras au ciel en ouvrant les doigts, comme un inspir√© qui pr√™che une nouvelle religion, ou comme un chef d'√Čtat qui r√©pond aux acclamations de la foule.
A. Robbe-Grillet, Dans le labyrinthe, p. 202.
5.2 Le soldat porte un paquet sous son bras gauche.
A. Robbe-Grillet, Dans le labyrinthe, p. 20.
‚ô¶ Danse. || Port de bras. || Positions de bras.
c Loc. et syntagmes verbaux. || Saisir, tenir qqn par le bras. || Ouvrir les bras, tendre les bras. || Jeter les bras au cou de qqn (‚Üí Sauter au cou). || Serrer dans ses bras, entre ses bras. ‚áí Embrasser. || Se jeter entre les bras, dans les bras de qqn. || Tomber dans les bras l'un de l'autre.
6 Par quels embrassements il vient de m'arrêter !
Ses bras, dans nos adieux, ne pouvaient me quitter (…)
Racine, Britannicus, V, 3.
7 Il avait jadis dormi dans ses bras, vécu dans son amour.
Maupassant, les SŇďurs Rondoli, ¬ę Rencontre ¬Ľ, p.¬†248.
8 Tes bras, qui se joueraient des précoces hercules,
Sont des boas luisants les solides émules,
Faits pour serrer obstinément,
Comme pour l'imprimer dans ton cŇďur, ton amant.
Baudelaire, les Fleurs du mal, LII, ¬ę Le beau navire ¬Ľ.
9 (…) elle s'arrêtait de dormir (…) éclatait de rire, me disant, en nouant ses bras à mon cou (…)
Proust, À la recherche du temps perdu, t. XII, p. 231.
10 (…) elle s'était jetée sur lui, elle l'avait serré des deux bras, l'embrassant, l'étouffant (…)
Martin du Gard, les Thibault, t. I, p. 94.
♦ Être dans les bras de…  : être enlacé avec (une personne, dans une situation érotique).
11 Vous veniez de mon front observer la p√Ęleur,
Pour aller dans ses bras rire de ma douleur.
Racine, Andromaque, IV, 5.
♦ Donner, offrir le bras à qqn, pour qu'il puisse s'y appuyer (cit. 31) en marchant. || Donner le bras à deux femmes (→ Faire le pot à deux anses). || Elle donnait le bras à son fiancé; elle était au bras de son mari. || Se donner le bras. || Marcher en se donnant le bras (cf. infra, Bras dessus, bras dessous). || Donner, tendre, offrir le bras à un vieillard. || Prendre le bras, s'appuyer au bras de quelqu'un.
12 Elle prenait mon bras, et nous marchions sous les arbres (…)
E. Fromentin, Dominique, XIII.
13 (…) le Marquis s'avança, et, offrant son bras à la femme du médecin, l'introduisit dans le vestibule.
Flaubert, Mme Bovary, I, VIII.
14 Elle se mit debout avec effort, et, appuyée au bras de Bernard, gagna la pièce qu'elle occupait au-dessus du grand salon
F. Mauriac, Thérèse Desqueyroux, p. 173.
‚ô¶ ‚ėĎ Loc. litt√©r. Lever le bras sur qqn, menacer de le frapper; par ext., le menacer.
‚ô¶ ‚ėĎ Arr√™ter le bras de qqn, l'emp√™cher de frapper, d'ex√©cuter une violence.
d ‚ėĎ (1660, Oudin). Loc. fig. Gros comme le bras (se dit ironiquement pour accompagner une appellation flatteuse).
15 √áa lui coupait les moyens, d'√™tre ¬ę monsieur Sorel ¬Ľ gros comme le bras.
F. Mallet-Joris, le Jeu du souterrain, p. 71.
16 Tous les plus gros monsieurs me parlaient chapeau bas :
¬ę Monsieur de Petit Jean ¬Ľ, ah¬†! gros comme le bras¬†!
Racine, les Plaideurs, I, 1.
17 Aujourd'hui Pierrotte n'est plus Pierrotte : c'est M. Pierrotte gros comme les deux bras.
Alphonse Daudet, le Petit Chose, II, 2.
‚ô¶ ‚ėĎ Vx. Faire les beaux bras¬†: affecter la gr√Ęce, prendre de grands airs.
‚ô¶ ‚ėĎ Couper bras et jambes (√† qqn)¬†: lui enlever ses moyens d'action, le paralyser d'√©tonnement, le d√©courager. || Cet arr√™t nous a coup√© bras et jambes (Acad√©mie). || Ce malheur lui a coup√© bras et jambes. ‚áí An√©antir (supra cit.¬†12), d√©courager.
17.1 Martial s'assit, hébété. Il ne dit rien, de quelques instants. Enfin il dit une chose qui pouvait sembler relativement peu appropriée à la circonstance :
‚ÄĒ Oh, putain¬†!
(…) Ça me coupe bras et jambes (…)
Jean-Louis Curtis, le Roseau pensant, p. 47.
‚ô¶ ‚ėĎ Les bras m'en tombent¬†: je suis stup√©fait.
‚ô¶ ‚ėĎ Baisser les bras¬†: renoncer √† agir, √† poursuivre une action entreprise (cf. Laisser tomber). ‚áí Abandonner.
‚ô¶ ‚ėĎ Rester les bras ballants (devant qqch.)¬†: ne savoir que faire, ne rien pouvoir faire; rester oisif.
‚ô¶ ‚ėĎ Se tordre les bras de douleur (d'inqui√©tude, de d√©sespoir)¬†: manifester sa douleur, etc., en s'agitant.
‚ô¶ ‚ėĎ Lier les bras¬†: emp√™cher d'agir.
18 (…) la gentilhommerie vous tient les bras liés.
Molière, George Dandin, I, 3.
‚ô¶ ‚ėĎ Vivre de ses bras, d'un travail manuel. ‚ėĎ Avoir les bras rompus, fatigu√©s par un travail excessif; les bras retourn√©s, √† la retourne (fam.)¬†: √™tre paresseux. ‚ėĎ Se croiser les bras, demeurer, rester les bras crois√©s, sans rien faire.
19 (Je) demeure les bras croisés comme un jocrisse (…)
Molière, Sganarelle, 16.
20 Je ne sais rien faire de mes bras… Je ne paie pas ma place au soleil de la vie.
Alphonse Daudet, le Petit Chose, II, 14.
‚ô¶ ‚ėĎ Tendre, ouvrir les bras √† qqn, lui porter secours, lui pardonner.
‚ô¶ ‚ėĎ Tendre les bras √† qqn, vers qqn, implorer son aide, son secours. ‚áí Implorer, prier.
‚ô¶ ‚ėĎ Se jeter, se r√©fugier dans les bras de¬†: se mettre sous la protection de. Par m√©taphore. || Dans les bras de (qqch. d'abstrait). ‚Üí cit.¬†22 et 25. ‚ÄĒ ‚ėĎ Recevoir qqn √† bras ouverts, l'accueillir avec effusion, empressement. || S'arracher des bras de quelqu'un.
21 Je reviens √† son √Ęme (de Turenne)‚Ķ nul d√©v√īt ne s'est avis√© de douter que Dieu ne l'e√Ľt re√ßue √† bras ouverts¬†(‚Ķ)
Mme¬†de S√©vign√©, 431,¬†16¬†ao√Ľt¬†1675.
22 (…) il vaut mieux se jeter entre les bras du christianisme ou de la philosophie, que de s'arrêter plus longtemps sur ce désagréable endroit.
Mme de Sévigné, 1101, 9 déc. 1688.
23 Le pape, à qui Charles Martel était nécessaire, lui tendait les bras.
Montesquieu, l'Esprit des lois, XXXI, 11.
24 Je m'attendais que, confus de ma condescendance et de mes avances, Grimm me recevrait les bras ouverts, avec la plus tendre amitié.
Rousseau, les Confessions, IX.
25 (‚Ķ)¬†Claude, contrist√© et d√©courag√© dans ses affections humaines, s'√©tait jet√© avec plus d'emportement dans les bras de la science, cette sŇďur qui du moins ne vous rit pas au nez¬†(‚Ķ)
Hugo, Notre-Dame de Paris, IV, 5.
25.1 Enfin, vers minuit et demi, une pirogue, portant deux hommes, accosta la grève. C'était Ayrton, légèrement blessé à l'épaule, et Pencroff, sain et sauf, que leurs amis reçurent à bras ouverts.
J. Verne, l'Île mystérieuse, t. II, p. 623.
‚ô¶ ‚ėĎ √ätre dans les bras de Morph√©e¬†: dormir. || Tirer qqn des bras de la mort. ‚ėĎ S'endormir dans les bras du Seigneur¬†: mourir.
26 Elle se trouve toute vive et tout entière entre les bras de la mort, sans l'avoir presque envisagée.
Bossuet, Oraison funèbre de Marie-Thérèse d'Autriche.
‚ô¶ ‚ėĎ Sur les bras. || Avoir qqn ou qqch. sur les bras, en √™tre charg√©, importun√©. || Avoir des enfants sur les bras. ‚áí Charge (√† charge). || Avoir un importun toujours sur les bras. || Avoir de nombreux ennemis sur les bras, avoir √† se d√©fendre seul contre eux. || Avoir des affaires, des soucis, sur les bras. || Se mettre, s'attirer sur les bras une vilaine affaire.
27 Vous voil√† sur les bras une f√Ęcheuse affaire¬†(‚Ķ)
Molière, le Misanthrope, I, 3.
28 Je me lasse de vous avoir sur les bras, et la garde de deux filles est une charge un peu trop pesante pour un homme de mon √Ęge.
Molière, les Précieuses ridicules, 4.
29 (…) il se trouve que j'ai le gouvernement de Provence sur les bras (…)
Mme de Sévigné, 245, 3 févr. 1672.
30 Jamais la France ne se vit tout à la fois tant d'ennemis sur les bras.
Racine, les Campagnes de Louis XIV.
30.1 (…) il savait (…) qu'une fois de plus, il s'était mis une sale histoire sur les bras.
F. Mallet-Joris, le Jeu du souterrain, p. 87.
‚ô¶ ‚ėĎ Fam. En avoir plein les bras¬†: en avoir assez, √™tre √©puis√© (cf. Par-dessus la t√™te, plein le dos).
‚ô¶ ‚ėĎ Fam. Huile de bras¬†: force, √©nergie (cf. Huile de coude).
2 (Dans des loc.; symbole de la force guerri√®re, du pouvoir). ‚ėĎ Le bras de Dieu. || Un bras protecteur, un bras puissant. ‚ėĎ Le bras s√©culier¬†: la puissance temporelle (par oppos. √† celle de l'√Čglise). || Le bras de la justice (‚áí Autorit√©).
31 (…) Ce n'est pas que je veuille avec cet artifice
Dérober un coupable au bras de la justice :
Quoi qu'il ait fait pour vous, traitez-le comme tel,
Et punissez en moi ce noble criminel (…)
Corneille, Horace, V, 3.
32 Et quand les Dieux vengeurs laissent tomber leur bras,
Il tombe assez souvent sur qui n'y pense pas.
Corneille, Ňídipe, II,¬†2.
33 Nous trouverons très naturel qu'ils nous abandonnent ici-bas au bras séculier, s'ils ne trouvent aucun autre moyen de prouver leur bienveillance à l'égard des vainqueurs.
Bernanos, les Grands Cimetières sous la lune, p. 147.
‚ô¶ ‚ėĎ Avoir un bras de fer, d'airain, une grande autorit√©, une volont√© inflexible ou tyrannique. ‚ėĎ Avoir un bras de coton¬†: √™tre mou, l√Ęche, veule. || La force, la valeur de son bras. || La patrie a besoin de son bras.
‚ô¶ ‚ėĎ S'appuyer sur le bras de qqn, √™tre soutenu, aid√© par lui. ‚ÄĒ ‚ėĎ En terme de mystique. S'appuyer sur un bras de chair¬†: mettre son espoir dans les choses temporelles.
34 Ton bras est invaincu, mais non pas invincible.
Corneille, le Cid, II, 2.
35 Mon bras, qu'avec respect toute l'Espagne admire (…)
Trahit donc ma querelle, et ne fait rien pour moi ?
Corneille, le Cid, I, 5.
36 C'est moi qu'Amphitryon députe vers Alcmène,
Et qui du port Persique arrive de ce pas;
Moi qui viens annoncer la valeur de son bras (…)
Molière, Amphitryon, I, 2.
37 La bataille sans doute allait être cruelle,
Et son événement vidait notre querelle,
Quand du fils de Cr√©on l'h√©ro√Įque tr√©pas
De tous les combattants a retenu le bras.
Racine, la Th√©ba√Įde, III,¬†4.
‚ô¶ ‚ėĎ Avoir le bras long¬†: avoir un grand pouvoir. ‚áí Cr√©dit, influence.
‚ô¶ ‚ėĎ Vx. Avoir cent bras¬†: √™tre fort actif.
38 Voyez comme Mme de La Fayette se trouve riche en amis… elle a cent bras, elle atteint partout (…)
Mme de Sévigné, 1268, 26 févr. 1690.
3 (Fin XVe). Par métonymie. a Personne qui agit, travaille, combat. ⇒ Agent, soldat, travailleur. || Ce domaine demande plus de cent bras pour l'entretenir. || L'industrie réclame des bras. || Avoir plusieurs bras à son service. || Mille bras se sont armés pour le défendre (Académie).
39 (…) j'ose dire encor qu'un bras si renommé
Peut-√™tre aurait moins fait si le cŇďur n'e√Ľt aim√©.
Corneille, Héraclius, II, 7.
40 (…) les humoristes comparent l'agriculture, pour se moquer de certains orateurs, à la Vénus de Milo qui manque de bras.
J. Bainville, la Fortune de la France, p. 348.
♦ Spécialt. Personne qui exécute, par oppos. à celle qui organise. || Les tueurs n'ont été que les bras d'un complot dont la tête est à l'étranger.
‚ô¶ ‚ėĎ (1801). Bras droit. || Le bras droit de qqn, son principal agent d'ex√©cution.
41 Quand le bras a failli, l'on en punit la tête.
Corneille, le Cid, II, 8.
42 On disait le ¬ę g√©n√©ral Vend√©miaire ¬Ľ appel√© √† se faire, contre ¬ę les factions ¬Ľ, le bras du gouvernement r√©solu √† les combattre toutes.
Louis Madelin, Hist. du Consulat et de l'Empire, L'ascension de Bonaparte, I, p. 5.
42.1 Ces femmes ont laiss√© tomber douceur, tendresse (‚Ķ) pour cultiver en elles intelligence, logique, organisation, honn√™tet√©, rigueur et surtout discipline. (‚Ķ) Ces femmes sont des ¬ę bras-droits ¬Ľ. Elles ne rivalisent pas avec l'homme-patron, s'abritent √† l'ombre de son aile d'o√Ļ elles jaillissent pour matraquer au moyen d'une force qui n'est pas la leur¬†(‚Ķ)
Michèle Perrein, Entre chienne et louve, p. 127.
‚ô¶ ‚ėĎ Fam. Gros bras. || Un gros bras¬†: un dur, un casseur. ‚ėĎ Jouer les gros bras¬†: jouer les durs. ‚ÄĒ Sp√©cialt. Homme de main, garde du corps. ‚áí Gorille. || ¬ę Les ‚Äúgros bras‚ÄĚ qui √©taient charg√©s de la s√©curit√© dans certaines √©quipes (sportives) de l'Est ¬Ľ (l'√Čquipe, 22¬†oct. 1972). ‚ÄĒ Chauffeur de poids lourd.
b ‚ėĎ Bras de fer¬†: jeu opposant deux adversaires qui ont un coude pos√© sur une table, leurs avant-bras verticaux l'un contre l'autre, et essayent de faire plier le partenaire par des pressions de la paume de la main. ‚ÄĒ Fig. || ¬ę Entre sylviculteurs et papetiers on parle bien de se concerter, de passer des contrats √† long terme (‚Ķ) Ici on pr√©f√®re encore les parties de bras de fer aux franches n√©gociations ¬Ľ (le Monde, 5¬†janv. 1980, p.¬†21).
‚ô¶ ‚ėĎ Bras d'honneur¬†: geste injurieux qui consiste √† lever le bras droit pli√© en m√™me temps qu'on pose l'avant-bras gauche sur la face ant√©rieure du coude (simulacre d'√©rection). || Faire un bras d'honneur √† qqn.
42.2 Le chauffeur de taxi Jules Pasderas (‚Ķ) r√©sumait deux fois par jour la situation d'une mani√®re peut-√™tre grossi√®re, mais toute la population d'Alger partageait √† cette √©poque son point de vue¬†: L'exp√©dition d'√Čgypte¬†? ‚Ķ mon zeb. ‚ÄĒ Le tout accompagn√© d'un magnifique ¬ę bras d'honneur ¬Ľ.
Jean Lartéguy, les Centurions, p. 347.
c Vx. Manche. || Avoir les bras retroussés jusqu'au coude.
‚ô¶ ‚ėĎ Loc. mod. En bras de chemise¬†: en chemise, sans veste.
42.3 Mais si l'h√ītel de Guermantes commen√ßait pour moi √† la porte de son vestibule, ses d√©pendances devaient s'√©tendre beaucoup plus loin au jugement du duc qui (‚Ķ) se faisait la barbe le matin en chemise de nuit √† sa fen√™tre, descendait dans la cour, selon qu'il avait plus ou moins chaud, en bras de chemise, en pyjama, en veston √©cossais de couleur rare, √† longs poils, en petits paletots clairs plus courts que son veston¬†(‚Ķ)
Proust, le C√īt√© de Guermantes, Folio,¬†t.¬†I,¬†p.¬†36.
42.4 (‚Ķ)¬†le jeune receveur des postes, M.¬†Gabriel Pichobre, ouvre sa fen√™tre et appara√ģt en bras de chemise au premier √©tage.
H.¬†Bosco, l'√āne Culotte, p.¬†67.
42.5 (…) le notaire, qui a perdu le bouton de son faux col, descend en bras de chemise.
R. Queneau, le Chiendent, p. 71.
4 a (Animaux). Dans le membre antérieur du cheval, Partie qui fait suite à l'épaule et qui a pour base l'humérus.
♦ Tentacule des mollusques céphalopodes. || Les bras d'une pieuvre.
43 Quand un poulpe est retiré de sa coquille, une infinité de petites pierres s'attachent à ses bras.
Racine, Remarques sur l'Odyssée.
‚ô¶ Chacune des divisions radiaires du corps de certains √Čchinodermes (ast√©rides, ophiures‚Ķ). || Les cinq bras de l'√©toile de mer; les dix bras ramifi√©s des crino√Įdes.
b Hortic. Branche qui part du tronc à l'horizontale. || Bras d'un cep de vigne, d'un poirier en espalier.
♦ Vx (par métaphore ou compar. poétique). Branche d'un arbre.
44 Je vois les tilleuls et les chênes,
Ces géants de cent bras armés.
Racine, Poésies diverses, 22.
45 Un lieu très silencieux au-dessus duquel des chênes et des hêtres séculaires nouaient comme des bras leurs grosses branches moussues.
Loti, Mon frère Yves, p. 242.
5 Par anal. (de forme, de destination). a (1606). Mar. ManŇďuvre servant √† orienter un espar (vergue, tangon), √† le brasser. ‚áí √Čcoute, bouline. || Bras de spi. ‚ÄĒ P√™che. Filin de manŇďuvre d'un filet. ‚ÄĒ Bras d'une ancre. ‚áí Branche, patte.
b (1175). Techn. Brancard, pi√®ce allong√©e. || Les bras d'une chaise √† porteurs. ‚áí B√Ęton. || Si√®ge √† bras. ‚ÄĒ Les bras d'un gibet, d'une croix.
c Accoudoir (d'un siège). || Recouvrir le dossier et les bras.
46 Ne soyez pas inexorable à ce fauteuil qui vous tend les bras (…) contentez un peu l'envie qu'il a de vous embrasser.
Molière, les Précieuses ridicules, 9.
REM. Il s'agit d'une métaphore précieuse sur le sens 1, encore vivante dans la langue courante.
d Partie mobile (d'une grue, d'un sémaphore). || Le bras d'une manivelle. || Bras de lecture d'un électrophone : longue tige mobile qui porte la tête de lecture.
46.1 Le pick-up avait perdu son moteur et son bras. Il ne restait que l'interrupteur.
Boris Vian, Vercoquin…, p. 61.
♦ Bras de levier : distance de la direction d'une force à son point d'application, évaluée perpendiculairement à la direction de cette force.
6 a (V. 1165). Division (d'un cours d'eau) que partagent des √ģles. || Bras principal, bras secondaires. || Bras mort, o√Ļ l'eau ne circule plus. || Bras secondaire, √† eaux stagnantes, dans la plaine du Mississipi. ‚áí Bayou.
46.2 Trop lointaines, ces fen√™tres, pour que je puisse rien voir, bien que ce bras du fleuve ne soit pas tr√®s large en cet endroit de l'√ģle.
Claude Mauriac, le D√ģner en ville, p.¬†276.
♦ Bras de mer : détroit, passage. || Traverser un bras de mer.
b Par anal. (emploi stylistique). Division d'une chaussée.
46.3 En réalité, il rentrait à pied du Lycée Condorcet et après avoir franchi un premier bras de la place Clichy, il attendait sur le refuge du métro l'instant de franchir le second.
M. Aymé, Maison basse, p. 7.
7 ‚ėĎ Loc. adv. √Ä bras¬†: √† l'aide des seuls bras (sans machine). || Il a fallu transporter tout cela √† bras. || Moulin, charrette √† bras, qu'on meut √† bras.
‚ô¶ ‚ėĎ √Ä tour de bras¬†: de toute sa force. || Frapper √† tour de bras. ‚ÄĒ Fig. En grande quantit√©, sans arr√™ter (avec des verbes comme donner, distribuer‚Ķ).
47 Des jets de pompe, des seaux d'eau lancés à tour de bras.
Loti, Mon frère Yves, XCII, p. 219.
47.1 (…) il donnait aux Israélites, à tour de bras, des certificats de baptême de toutes dates, à condition pourtant de les baptiser (…)
Malraux, Antimémoires, Folio, p. 9.
‚ô¶ ‚ėĎ (1871). √Ä bras raccourcis. || Frapper, se jeter sur qqn √† bras raccourcis, avec la plus grande violence.
47.2 (…) quelques louches individus (…) s'avisèrent de prendre la défense de leurs collègues et tombèrent sur les philosophes à bras tant raccourcis qu'allongés.
R. Queneau, Pierrot mon ami, éd. L. de Poche, p. 16.
♦ Fig. Sans ménagement.
47.3 (…) je tombais à bras raccourcis sur la première bourgeoise venue.
Elle go√Ľtait avec sa sŇďur et les enfants de sa sŇďur.
¬ę Ce n'est pas tout √ßa ¬Ľ lui dis-je entre deux √©clairs au chocolat.
Drieu La Rochelle, la Comédie de Charleroi, p. 177.
‚ô¶ ‚ėĎ (Fin XVIIIe; a brache de corps, 1465; de brac(h)e ¬ę les deux bras ¬Ľ, et corps). √Ä bras-le-corps¬†: avec les bras et par le milieu du corps. || Tra√ģner, porter, tenir, saisir, prendre qqn √† bras-le-corps.
48 Saisi à bras-le-corps, soulevé, il gigota une seconde; puis, acceptant le jeu, il éclata d'un rire clair.
Martin du Gard, les Thibault, t. IX, p. 26.
48.1 La voyant bondir vers l'air libre, l'instinct de proie me saisit, je la rattrapai vers l'escalier, la pris √† bras-le-corps et la ramenai en la tra√ģnant √† terre jusque sur le lit o√Ļ elle tomba tout √† fait.
M. Blanchot, l'Arrêt de mort, p. 67.
‚ô¶ ‚ėĎ Bras dessus, bras dessous¬†: en se donnant le bras.
49 (‚Ķ)¬†Et on s'en va, bras dessus, bras dessous, du c√īt√© de Recouvrance¬†(‚Ķ)
Loti, Mon frère Yves, IV, p. 21.
‚ĚĖ
D√ČR. et COMP. Bracelet, brass√©e, 2. brasser, brassier, brassi√®re. ‚ÄĒ Appui-bras, dessous-de-bras, fort-√†-bras, garde-bras, repose-bras, sous-bras, tire-bras. ‚ÄĒ V. Braquer, brassard, brasse, 1. brasser. ‚ÄĒ (Du lat. bracchium) Brachial, brachiopodes.

Encyclopédie Universelle. 2012.

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  • bras ‚ÄĒ BRAS. subst. mas. Partie du corps humain qui tient √† l √©paule. Bras droit. Bras gauche. Bras fort. Bras nerveux. Gros bras. La force du bras. Lever, hausser, √©tendre le bras. √ätre bless√© au bras. Avoir le bras rompu, cass√©, d√©mis. Monter, tirer √† ‚Ķ   Dictionnaire de l'Acad√©mie Fran√ßaise 1798

  • bras ‚ÄĒ BRAS. s. m. Partie du corps humain qui tient √† l espaule. Bras droit. bras gauche. bras fort, nerveux. gros bras. la force du bras. il a de la force au bras. lever, hausser, estendre le bras. bless√© au bras. il a le bras rompu, cass√©, demis.… ‚Ķ   Dictionnaire de l'Acad√©mie fran√ßaise

  • bras ‚ÄĒ bras; bras¬∑sage; bras¬∑sard; bras¬∑sa¬∑vo¬∑la; bras¬∑se¬∑rie; bras¬∑set; bras¬∑sia; bras¬∑si¬∑ca; bras¬∑si¬∑ca¬∑ce¬∑ae; bras¬∑si¬∑ca¬∑ceous; bras¬∑si¬∑cas¬∑ter¬∑ol; bras¬∑sid¬∑ic; bras¬∑siere; garde¬∑bras; ne¬∑bras¬∑ka; steen¬∑bras; hu¬∑di¬∑bras¬∑tic; ne¬∑bras¬∑kan; bras¬∑sart;… ‚Ķ   English syllables

  • Bras d'Or ‚ÄĒ Der Bras d‚ÄôOr Lake (manchmal auch als Bras d‚ÄôOr Lakes oder Bras d‚ÄôOr Seensystem bezeichnet) ist ein rund 1.100 km¬≤ gro√üer kanadischer See, der das Zentrum der Kap Breton Insel bestimmt. Der See wird oft auch als √Ąstuar oder Bucht des Atlantiks… ‚Ķ   Deutsch Wikipedia

  • Bras ‚ÄĒ ist der Name folgender geographischer Objekte: Bras (Var) ist eine franz√∂sische Gemeinde im D√©partement Var Bras (Calvados) ist eine franz√∂sische Ortschaft im D√©partement Calvados Bras (Libramont Chevigny) ist ein Teil der belgischen Gemeinde… ‚Ķ   Deutsch Wikipedia

  • bras ‚ÄĒ Bras, Brachium, Et en matiere de navires, Bras en pluriel, sont deux cordes deli√©es, qui passent chacune par un bout de la verge du beaupre, et vont le long du navire, et servent pour tirer et serrer ledit beaupr√© dedans le navire quand mestier… ‚Ķ   Thresor de la langue fran√ßoyse

  • Bras D'Or ‚ÄĒ can refer to several places:* Bras d Or Lake, a large estuary in eastern Canada * Bras d Or, Nova Scotia, a community in the Cape Breton Regional Municipality, Nova Scotia, Canada * Little Bras d Or, Nova Scotia, a community in the Cape Breton… ‚Ķ   Wikipedia

  • Bras ‚ÄĒ Saltar a navegaci√≥n, b√ļsqueda Bras Pa√≠s ‚Ķ   Wikipedia Espa√Īol

  • bras ‚ÄĒ s.n. Stil de √ģnot, √ģn care √ģnotńÉtorul, √ģn poziŇ£ie ventralńÉ, executńÉ simultan cu m√Ęinile Ňüi cu picioarele miŇücńÉri largi, simetrice, sub nivelul apei. ‚Äď Din fr. brasse. Trimis de valeriu, 13.09.2007. Sursa: DEX 98 ÔĽŅ bras s. n. Trimis de siveco,… ‚Ķ   Dic»õionar Rom√Ęn


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